Qu’est-ce que la pointe sèche ?

Définition

La pointe sèche est un procédé de gravure en taille-douce. Elle consiste à repousser la surface du métal pour produire des aspérités qui
retiendront l’encre en faisant obstacle à l’essuyage. Ce sont les « barbes ». L’encrage d’une taille-douce s’effectue le plus souvent en deux temps : bourrage et essuyage. Ce dernier requiert un certain doigté car une gravure trop vidée, c’est un tirage appauvri. Le burin, comme beaucoup de pratiques de l’eau-forte, donne un encrage net et contrasté. Même pour certaines eaux-fortes très vulnérables, il subsiste toujours un creux, un minimum incompressible. Il n’en va pas de même pour la pointe sèche qui vaut par ses aspérités et dont les creux et
les pertes de matière sont négligeables. L’essuyage d’une pointe sèche se termine lorsque toute encre, ou presque, a disparu de la plaque.

Le « bon à tirer » résulte donc d’un choix délibéré du moment où s’arrête l’essuyage. Le trait de pointe sèche est immédiatement identifiable. Il est enrobé d’un noir dégradé qui lui donne sa force lorsqu’il est isolé, et lui ouvre l’accès à une infinité de qualités de noir
lorsqu’il se fond avec ses voisins. Une longue ligne cursive et méditée, révélant un dessin rond, aisément accessible au crayon ou au pinceau chinois, est presque impossible à la pointe sèche.

Le métal, profondément agressé, se comporte en résistant plus qu’en support. Il entrave les courbes, les changements de direction de l’outil, n’autorisant qu’un dessin zigzaguant. Les personnages de Picasso dessinés à la pointe sèche sont très éloignés de la Suite Vollard. La pointe d’acier est l’outil le plus fréquemment utilisé pour la pointe sèche. Mais n’importe quel instrument qui raye, gratte, écrase, polit, pique et mord comme une fraise rotative, peut nous éblouir.

 

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Patrice Vermeille
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