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Figures

Le portrait — la représentation d’une personne — est consubstantiel au dessin, à la peinture, à l’estampe et repose sur une interprétation, une transcription, donc un choix, de la réalité pour rendre, avec plus ou moins de réalisme, l’apparence d’une personne. Les différentes lithographies de portrait, les photographies et autres techniques de cette rubrique illustrent toutes les nuances, les variations, les inventions et les richesses de l’art du portrait.

Leon Battista Alberti dans De la peinture en 1435 affirme à propos de la peinture qu’elle « a en elle une force tout à fait divine qui lui permet non seulement de rendre les absents présents, comme on le dit de l’amitié, mais aussi de montrer après plusieurs siècles, les morts aux vivants, de façon à les faire reconnaître pour le plus grand plaisir de ceux qui regardent, et pour la plus grande gloire de l’artiste ». La représentation de la personne, de la figure humaine, comme trace, témoignage, comme défi de la finitude humaine, traverse l’histoire des arts et l’art du portrait n’a cessé d’évoluer dans les techniques employées comme dans son esthétique propre — fidélité au modèle représenté ou interprétation propre de l’artiste — jusqu’à dans l’usage attribué à l’œuvre.

On peut rappeler ici le mythe de Boutadès (ou Butadès) dont parle Pline dans son Histoire naturelle (77 après Jésus Christ) : « En utilisant lui aussi la terre, le potier Butadès de Sicyone découvrit le premier l’art de modeler des portraits en argile ; cela se passait à Corinthe et il dut son invention à sa fille, qui était amoureuse d’un jeune homme ; celui-ci partant pour l’étranger, elle entoura d’une ligne l’ombre de son visage projetée sur le mur par la lumière d’une lanterne ; son père appliqua l’argile sur l’esquisse, en fit un relief qu’il mit à durcir au feu avec le reste de ses poteries, après l’avoir fait sécher. », d’où l’idée que le portrait serait à l’origine des arts plastiques et qu’il aurait une fonction mémorielle.

En Europe, on retrace les prémices de la représentation visant à la ressemblance à la peinture flamande et aux primitifs italiens du XVe siècle, pour l'époque moderne. Puis, au XVIIe siècle, l'Académie royale de peinture et de sculpture fait du portrait une spécialité inférieure, dont une partie des artistes les plus talentueux se détournent. Mais le portrait ne cessera d’évoluer et de se réinventer, notamment à l’époque de La Révolution française, où les bourgeois aiment faire faire leur portrait, ou encore avec l’invention de la photographie au XIXe siècle, qui sera très rapidement employée pour réaliser des portraits.

Et qui dit portrait dit autoportrait, lequel apparaît au début de la Renaissance, au milieu du XVe siècle, quand les artistes peuvent être identifiés eux-mêmes comme le sujet principal ou comme l’un des personnages importants de leur œuvre, d’autant plus que ce genre va se développer en même temps que les techniques de miroiterie et de miroir qui, devenant plus accessibles, permettent à des artistes de se représenter. Les historiens de l’art pensent que L’Homme au turban rouge de Jan Van Eyck, peint en 1433, pourrait être le plus ancien autoportrait.

Ainsi, l’art du portrait est en perpétuelle évolution car il s’adapte à tous les styles et à toutes les techniques, y compris à la gravure et à l’estampe. L’extrême plasticité de ce genre assure alors sa pérennité.

Le portrait sous toutes ses formes

Il est possible de réaliser un portrait à l’aide d’un nombre important de médiums. Ainsi, un portrait peut être peint, sculpté, gravé, dessiné ou encore photographié. Mais dans toutes disciplines artistiques confondues, on en distingue différents types, notamment en fonction du nombre de personnes représentées : il peut s’agir par exemple d’un portrait individuel, de groupe, ou de famille. Les portraits varient aussi selon la proportion du corps représentée : si la personne est dépeinte entièrement, on parle alors d’un portrait « en pied », mais il peut également être « à mi-jambe », « à mi-corps » aussi appelé « demi-figure », « en buste » s’il s’arrête au niveau de la poitrine, et enfin « tête ».

On différencie également les portraits suivant l'orientation du visage de la personne représentée, qui peut-être de face, de trois-quarts, ou encore de profil. En général, les vues de profil perdu — c’est-à-dire que le sujet est représenté de dos, avec le visage légèrement tourné sur le côté, aux trois quarts caché par l’arrière de la tête — ou de dos ne sont pas considérées comme des portraits. Enfin, on peut classer les portraits selon la position de la personne : debout, assise, ou encore à cheval.

Les portraits se différencient également par leur arrière-plan, qui sera représenté différemment selon les époques et les écoles. Le fond d’un portrait peut être uni, traversé d'une vague lumière, ou au contraire, montrer un paysage ou d’une pièce en détail, qui viennent alors ajouter des indications sur la position sociale du sujet.

Un portrait peut naitre du désir de représenter la personne exactement telle qu’elle est, ou bien aura pour fonction d’en corriger ses défauts, de l’embellir selon les canons esthétiques propres à une époque ou à un pays pour rapprocher le sujet d’un idéal esthétique commun. Le portrait peut aussi être une caricature, qui accentue les traits caractéristiques d'une personne dans un but humoristique ou satirique. Dans les portraits du XXe siècle, le portrait devient plus un moyen d'expérimenter de nouvelles techniques et théories artistiques, que de retranscrire fidèlement une réalité. Il est alors un moyen pour les artistes de laisser libre-court à leur imagination, à la liberté créative, à l’expérimentation tout en leur permettant de donner leur propre interprétation du sujet. Cela confirme l’extrême liberté propre au portrait et son adaptabilité à différentes techniques.

Le portrait et l’estampe

L’art du portrait ayant traversé les siècles, il n’est pas étonnant que l’on retrouve un nombre important d’estampes représentant des individus. En effet, de nombreux artistes se sont essayés à cette technique ancestrale et à ses différents médiums pour réaliser des portraits tous différents et originaux. Aujourd’hui encore, le portrait ne cesse d’inspirer les artistes contemporains qui retranscrivent leur vision d’un sujet à travers la gravure et l’estampe : la xylogravure Les Iris de Damien Deroubaix (2019) en est un bon exemple puisqu’elle peut apparaît comme un portrait halluciné d’Hitler, tout en proposant une nature morte et une interprétation très expressive de la folie nazie.

Si vous désirez faire l’acquisition d’un portrait, vous trouverez sur notre galerie en ligne un large choix d’estampes, de styles, d’époques et de techniques variées : lithographie, linogravure, xylogravure, etc.

Le fait que les portraits soient par définition très divers permet aux artistes de s’approprier et réinterpréter sans fin ce genre. Et il ne fait aucun doute que vous trouverez parmi notre collection d’estampes le portrait qui ne vous laissera pas insensible.

Franck Belpois

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