Qu’est-ce que la lithographie ?

Définition Lithographie

La lithographie est une technique d’impression à plat d’un dessin réalisé sur une pierre –un calcaire à grain fin, très fragile et très dense. Rapide, bon marché, elle est mise au point en Allemagne par Aloys Senefelder à la fin du XVIIIe siècle. Après des années de recherche et d’expérimentations, il finalisa ce processus d’impression dans les années 1790.
Plus rapide et économique que la gravure, la lithographie a été très souvent utilisée pour la reproduction de documents à caractère commercial. Mais dès les années 1960, la lithographie est progressivement remplacée par de nouvelles techniques d’impression. De nombreux artistes se sont emparés de cette technique et elle est aujourd’hui entièrement dédiée à l’art contemporain.

Comment réaliser une lithographie ?

Le grainage

Le procédé est original : d’abord, la première étape de l’impression lithographique est le grainage. La surface de la pierre destinée à recevoir le dessin est poncée avec du sable et de l’eau. Cette étape permet d’obtenir une surface lisse, plane et homogène, deux facteurs fondamentaux pour une lithographie réussie. Lorsque l’on graine une pierre, on en supprime une épaisseur infime, suffisante pour éliminer le dessin précédent. Ainsi, les pierres sont réutilisables de nombreuses fois – les pierres employées actuellement à l’URDLA datent du XIXe siècle.

Le principe de la répulsion du gras et de l’eau

La pierre absorbe ensuite le dessin exécuté avec une craie ou une encre chargée de graisse. La technique d’une lithographie repose sur le principe chimique de la répulsion du gras et de l’eau : pendant le tirage, la pierre est constamment mouillée si bien que les parties dessinées, qui sont grasses, refusent l’eau mais acceptent l’encre, elle-même grasse, des rouleaux encreurs.

Le passage dans la presse

Le dessin achevé, la pierre est transportée sur la presse à l’aide d’un chariot et déposée sur le marbre de la presse. Le lithographe la traite ensuite en appliquant à l’éponge une solution de gomme arabique et d’acide, ce qui facilitera l’absorption de l’encre par la pierre. La pierre mouillée, on passe de l’essence de térébenthine qui fait disparaître le noir de fumée de l’encre. Là, le dessin n’est plus visible, il est « dans » la pierre. Vient ensuite le moment de l’encrage où le dessin réapparaît. Le débit de l’encre d’impression est réglé grâce à l’encrier. Les rouleaux, la planche à encrer et enfin la pierre reçoivent l’encre. Les épreuves sont enfin déposées sur le séchoir.

Les encres lithographiques

Les encres lithographiques à imprimer sont constituées du mélange d’un vernis et de noir de fumée ou d’une matière colorante. La viscosité de l’encre se module à l’aide d’huile de lin ; en ajoutant du vernis, on la rend moins mate et plus lustrée. Ce mélange à pour but d’allier différentes qualités : une aptitude à se transférer d’une surface à une autre, une consistance ferme qui respecte les détails du dessin, la souplesse et une teneur en gras équilibrée. De nos jours, les ateliers ne fabriquent plus eux-mêmes leur  vernis. Les encres lithographiques à imprimer ne se trouvant pas dans le commerce, chaque atelier réalise à partir d’encre offset, de pigments et de vernis une encre adaptée au tirage.

L’impression lithographique repose donc sur des effets « naturels », dont trois principaux :

  • l’eau pénètre avec facilité les corps calcaires sans pour autant être en adhérence forte ;
  • les corps gras ou résineux ont en revanche une adhérence forte sur les pierres calcaires ;
  • les corps gras ont entre eux de l’affinité et de la répulsion pour l’eau.

La couleur

Pour une lithographie en couleurs, l’opération est plus complexe car on doit utiliser une pierre par couleur : l’artiste dessine chaque couleur sur une pierre différente, qui sera encrée dans la teinte choisie. Une image en quatre couleurs s’obtient par quatre dessins sur quatre pierres différentes, la superposition de l’ensemble sur la feuille de papier donne naissance au motif dans son intégralité. Chaque couleur est tracée sur un papier calque afin de cerner les différentes plages (ce premier tracé s’effectue avec une mine non grasse). Le papier-calque est frotté avec un crayon, puis le côté noirci est déposé sur la pierre. Au moyen d’une plume ou d’une pointe sèche, l’artiste dessine les contours de la surface à transférer. Lorsqu’on soulève le calque, la surface à dessiner apparaît clairement. Lorsque les coloris sont établis, on efface ce faux décalque.

La pierre est ensuite déposée sur le marbre, on procède de la même manière que pour une lithographie en noir ; le second passage imprimera sur le papier (déjà utilisé pour le premier) un autre coloris. Le papier passe donc dans la machine autant de fois qu’il y a de couleurs différentes.

La lithographie aujourd’hui

Les pierres lithographiques n’étant quasiment plus extraites, les pierres anciennes, toujours utilisées, sont devenues aujourd’hui rares et précieuses. Très tôt, pour des raisons pratiques et économiques, la pierre lithographique a été remplacée (excepté à l’URDLA) par le zinc grainé (zincographie) puis par d’autres métaux comme par exemple l’aluminium (algraphie). Le procédé offset (actuellement le procédé majeur d’impression) est un dérivé direct de la lithographie.

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