FW ,
Gilles Pourtier

Il reste à faire le négatif, le positif nous est déjà donné.
Franz Kafka

Entre 1959 et 1973, Bernd et Hilla Becher ont photographié les façades de maisons à colombages en Allemagne. Ce corpus, Framework Houses, constitue la matrice du projet que Gilles Pourtier déploiera à URDLA puis à Marseille et à Cherbourg. La plupart de ces maisons ont été construites entre 1870 et 1914 dans la région de Siegen en Allemagne, l’une des plus anciennes productrices de fer d’Europe. Les maisons sont celles des immigrants venus travailler dans les mines ou les hauts fourneaux. En 1790, une loi a été promulguée pour économiser le bois au profit la production de fer en réglementant drastiquement son utilisation pour les maisons. La loi prescrivait précisément la quantité de bois nécessaire à l’habitat et interdisait son usage à des fins ornementales, spécifiait la résistance maximale pour les poutres, les seuils, les poteaux d’angle et les poteaux. Un cadre fonctionnel associé à des proportions néoclassiques a déterminé le nouveau type de maison puis fut appliqué à d’autres bâtiments tels que les granges, les églises, les écoles, les auberges, les magasins, les usines et les structures minières. Bernd et Hilla Becher ont désigné de « sculptures anonymes » leurs travaux photographiques, Gilles Pourtier déploie cette nomination dans l’exposition FW.

Les photographies du couple deviennent matrices d’une sculpture et d’un ensemble de vingt-et-une gravures sur bois dont ne subsistent que la charpente, soit la structure, du colombage. Ce qui est bois sur l’image sera évidé de la planche de gravure, offrant le motif en réserve. Ici Gilles Pourtier a choisi de combiner la plus ancienne des techniques de l’image imprimée (la gravure sur bois) avec la technologie contemporaine d’une fraise numérique (CNC). Au contraire, pour la sculpture ce qui était bois devient métal dessinant dans l’espace une grille qui résonne avec d’autres travaux photographiques de Pourtier dans Marseille, où les grilles surgissent de plus en plus dans l’espace public : à la fois passage et barrage, frontière, délimitation d’un territoire.

Gilles Pourtier aime rappeler que, trop souvent, les images sont envisagées comme acquises et non comme construites. À les accepter sans se questionner sur les modalités de leur élaboration, nous guette le danger de la fascination. Il convient de les regarder avec les yeux du corps et de l’esprit. « Au fond la Photographie est subversive, non lorsqu’elle effraie, révulse ou même stigmatise, mais lorsqu’elle est pensive », écrivait Roland Barthes, il semblerait que Gilles Pourtier en a pris la mesure.

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12. IX > 31. X. 2020

URDLA

Gilles Pourtier

samedi 12 septembre de 14h à 18h30

photographies Cécile Cayon©

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(sur réservation)

samedi 03/10/2020
de 15h à 16h

DOSSIER DE PRESSE

Expositions

Une voie limpide,
J.-C. Silbermann

À l’occasion de la parution de « Comme deux gouttes d’or », dans la collection Livres de peintres,
dessins et lithographies de Jean-Claude Silbermann accompagnant des poèmes de Christian Bernard,
la Galerie Michel Descours et URDLA ont décidé de renouveler leurs expositions communes en présentant les soixante dessins à l’encre de Jean-Claude Silbermann qui servent d’appui à la conversation du peintre et du poète.

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