Qu’est-ce que la taille d’épargne ?

Définition

La taille d’épargne est l’ensemble des procédés d’impression par le relief. Le matériau constituant la forme imprimante qui a dominé les siècles est le bois, d’où le nom qu’on lui donne parfois, la « xylographie ».

Techniques

La partie imprimante est la surface « épargnée » par l’outil du graveur, les blancs étant creusés. La planche est sciée de long, parallèlement à la fibre. Les gouges arrachant des copeaux peuvent être déviées par les veines du bois. Pour y remédier, des procédures complexes de « taille, contretaille et champlevé » sont devenues la règle (Bois de fil).

Histoire et évolutions

Au XIX e siècle, les exigences du métier de graveur d’interprétation ont imposé des planches dont la surface est perpendiculaire à la fibre (bois de bout). Le métal est entré en lice au XV e siècle puisque apparaissent à cette époque les premières plaques ciselées destinées à la taille-douce. Elles s’adaptaient parfaitement aux modes d’impression du bois. La ciselure était alors dite en « taille blanche », puisque, là aussi, on gravait les blancs. Les orfèvres disposaient de toutes sortes de poinçons qu’ils ont utilisés pour créer des textures, et même des lignes. Cette facture était désignée sous le nom de « gravure au criblé ».

Dans la seconde moitié du XIX e siècle, les procédés photomécaniques ont tué les métiers de la gravure d’interprétation. Mais le principe de la gravure en taille d’épargne s’est encore imposé massivement pendant un siècle dans le secteur de l’imprimerie de labeur et des journaux. Le « cliché trait » et le « cliché simili », tramage optique des demi-teintes, avaient de beaux jours devant eux.

Les peintres-graveurs, en quête de retour aux sources, comme Gauguin, ont pris le parti de l’archaïsme, plus que jamais emblème de Modernité. Ce courant moderne a suscité de nombreux chefs-d’oeuvre au XX e siècle.

Patrice Vermeille
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