Qu’est-ce que l’art numérique ?

Définition

L’imagerie numérique propose à ses usagers de naviguer sur deux grands fleuves, le fleuve « Pixel » issu des métiers de la photographie et  de l’imprimerie, et le fleuve « Vecteur » issu des métiers du dessin technique et de l’ingénierie.

 

Le fleuve Pixel

Le fleuve Pixel permet la retouche et le montage d’images, fixes ou animées, ainsi que les sélections destinées à la chaîne de production des imprimeries ou des studios de cinéma. Il gère ces images comme des mosaïques colorées dont chaque élément peut être modifié en
nuance, luminosité et saturation.

 

Le fleuve vecteur

Le fleuve Vecteur permet de lier des points d’ancrage pour créer des facettes et les grouper en ensembles hiérarchisés de plus en plus complexes. La position des points d’ancrage et le profil de la courbe qui les unit sont modifiables à l’infini. Une très grande variété d’attributs visuels, modifiables eux aussi, peuvent être associés à ces objets, attributs eux-mêmes vectorisables et générateurs de nouveaux attributs. Cette richesse du vectoriel en deux dimensions s’amplifie encore en trois dimensions, donnant accès à la sculpture. Certains de ces vecteurs peuvent devenir des guides de trajectoires ou de lissage temporel pour l’animation. La capture de repères en mouvement permet de diriger des acteurs au sein d’un théâtre qui deviendra cinéma par la suite grâce à des caméras virtuelles. Dans leur genèse, le fleuve Pixel et le fleuve Vecteur sont radicalement distincts. Mais il existe d’innombrables passerelles entre les deux. Le vecteur peut être pixellisé et le pixel peut être vectorisé.

 

Art numérique et estampe

Vous me direz qu’un tel tremplin pour l’imaginaire rend caduques les techniques maintenues en vie par d’antiques corporations. Il n’en est rien. C’est en fin de parcours que la tortue a raison du lièvre. Héritière de tous les métiers du monde, l’empreinte physique hérite également de tous les matériaux du monde, qu’elle les destine aux matrices, aux véhicules colorants ou aux supports. Les « sorties » numériques sont loin du compte. Les imprimantes, en effet, sont captives de la synthèse trichrome. Elles s’acquittent de leur tâche avec un raffinement croissant mais ne peuvent en sortir. L’estampe y voit sa singularité et sa nécessité renforcées.

 

Auteur : Patrice Vermeille

 

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