Le papier d’impression pour estampes

Papiers et gravure

La diversité des papiers utilisés pour l’impression est incalculable. Pour faire vos choix, plongez-vous dans les catalogues de vente des fabricants et des distributeurs. Vous serez dirigé vers ceux qui vous conviendront le mieux. Le propos de cette rubrique n’est donc pas
d’enregistrer vos commandes mais de rappeler que les graveurs ne se contentent pas toujours de faire du papier le support classique de l’impression.

 

Procédés

Robert Rauschenberg, dans ses multiples, a utilisé papiers et cartons, dont certains venaient du bout du monde, comme éléments de sculptures, plates, stratifiées ou façonnées. La forme à papier elle-même a parfois servi de matrice. Il y juxtaposait des pâtes colorées. Il pouvait ajouter un dessin sérigraphié sur un tulle, ce support devenant invisible une fois incorporé à la feuille. S’échappant du rectangle de la feuille, il a dessiné ce tamis qu’est la forme à papier comme s’il s’agissait d’une sculpture. Les feuilles ainsi produites peuvent être assimilées à des objets sculptés.

Une variante de ce procédé conduit à construire un cloisonnement qui viendra s’insérer dans la forme à papier. Les champs sont remplis de pâte à papier colorée, unie ou travaillée. Le moment venu, on retire le cloisonnement et l’on achève la fabrication de cette feuille à la forme. Ellsworth Kelly et David Hockney ont superbement exploré cette veine. Rodolpho Krasno réalisait de véritables sculptures de papier moulé, indépendantes de la feuille de papier mais parfois surgissant d’elle comme une excroissance. Alan Shields à poussé très loin la technique des réseaux de papiers superposés. Le cloisonnement construit selon le dessin est cette fois trempé dans une cuve contenant de la pâte à papier coloré. On la retire chargée de lambeaux de pâte, accrochés comme des madrépores sur une carcasse. La suite relève de la technique de fabrication d’un papier à la forme. Le résultat est une dentelle de papier, plate et colorée. Ces dentelles différemment
colorées, issues de grilles différentes, sont superposées, les couches inférieures visibles au travers des couches supérieures.

Les papiers eux-mêmes peuvent jouer le rôle classique de la matrice plate vouée à l’impression, rendant plus incertaine que jamais la frontière entre le creux et le relief. Leur porosité et leur absence de rigidité rendent nécessaire un mariage avec d’autres matériaux, colles, résines, vernis qui les rendront imperméables.

 

Auteur : Patrice Vermeille

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