Comment se conserve une œuvre lithographique ?

Le papier est par nature un support fragile dont la durée de vie est limitée.
En terme de conservation des lithographies, il existe deux écoles. Certains collectionneurs n’exposeront jamais les estampes qu’ils possèdent et les conserveront dans un carton à dessin de pH neutre, les images étant séparées les unes des autres par un papier de soie.
Pour jouir du plaisir de posséder une lithographie tout en la conservant, il est conseillé de la faire encadrer, en veillant à ce que le verre ne se trouve pas au contact du papier, et de l’accrocher dans un espace dans lequel elle ne recevra pas directement le soleil ou une luminosité naturelle trop forte. Voire l’article Comment encadrer une lithographie ?
Cet article a pour objet d’apporter un certain nombres de conseils de conservation dans l’optique de profiter le plus durablement possible de son acquisition et de pouvoir la transmettre aux générations futures. Ne pas perdre de vue également que la valeur d’une œuvre multiple repose dans le temps sur son état de conservation.

Ce qui menace la bonne conservation des estampes

Outre les sinistres, inondations, incendies, il est un certain nombre de facteurs fréquents et à risque menaçant la bonne conservation des œuvres sur papier, d’ordre mécaniques et d’ordre physico-chimiques :

– l’acidité
– l’humidité : le papier est très hygroscopique, c’est une véritable éponge.
– les écarts de température
– la lumière
– les insectes qui peuvent endommager le papier conservé dans de mauvaises conditions de température et d’humidité.
– la pollution, les poussières, les particules minérales, les micro-organismes
– le sébum, gras déposé par les doigts
– la manipulation
– les mauvaises mesures d’encadrement
– les agents internes de dégradation chimique du papier
– les cartons d’encadrement réalisés à partir de pâte de bois

Les conséquences d’une mauvaise conservation d’estampe

– jaunissement du papier
– oxydation du papier
– moisissures ou au contraire rétractation des fibres du papier
– apparitions de taches brunes, de champignons
– décoloration et affaiblissement des couleurs
– Les particules minérales peuvent être abrasives. Les particules organiques
maintiennent de l’humidité à la surface, favorisant le développement de micro-
organismes et de bactéries.
– déchirures, froissures, cassures liées à une mauvaise manipulation
– tensions, déformations, plis dus à un mauvais encadrement.

Conseils de conservation de lithographie

Ne pas rouler les estampes ; les conserver à plat. Encadrées ou dans un carton d’archive.
Quand on acquiert une lithographie, souvent, elle est roulée pour son transport. La remettre à plat dès que possible. Si l’on ne la fait pas encadrer tout de suite, prévoir un carton de stockage aux matériaux neutres. Noter que pour la rouler pour un transport, on la roulera avec l’image à l’extérieur, dans du papier de soie, avant de l’insérer dans un tube, sur le temps le plus court possible.
Nous conseillons de stocker les œuvres dans un espace sain, protégé de l’humidité et de les manipuler le moins possible. Idéalement, la température devra être stable (entre 15 et 18 degrés) et le niveau d’humidité contrôlé (de 40 à 60 %). Un des facteurs de détérioration les pires étant une humidité fluctuante. De même, éviter tous les écarts de température, proscrire les courants d’air, les sources de chaleur (radiateur, cheminée…), la lumière du soleil.
Que ce soit pour archiver l’œuvre ou pour l’encadrer, utiliser des matériaux sans acide, de pH neutre. Les colles éventuellement utilisées devront être sans acide et réversibles.
Éviter au maximum de toucher le papier avec les doigts – l’on pourra mettre des gants blancs en coton ou encore utiliser des pinces, en papier par exemple – et ne surtout jamais toucher l’image en elle-même. Être d’une extrême vigilance lorsque l’on manipule. Idéalement, tenir l’estampe par deux angles opposés, droite et gauche, en haut et en bas. Éviter tout contact avec des adhésifs.

Choisir d’archiver ses œuvres lithographiques sur papier

L’on peut utiliser du papier de soie ou encore du papier crystal. L’on peut utiliser certains plastiques.
L’on pourra utiliser des chemises, des boîtes d’archives, des classeurs d’archives et des meubles à plans permettant de ranger l’estampe à plat.

Choisir d’encadrer ses œuvres sur papier

Voire la notice Comment encadrer une lithographie ?
Ne pas oublier que le cadre devra être hermétique et étanche.
Si l’on encadre ses œuvres, une solution plus grande de conservation sera de faire tourner les œuvres encadrées, avec des cadres permettant d’échanger les images. Une conservation idéale reste garantie par un éclairage de type muséal et une exposition limitée.

Des possibilités de restauration des oeuvres

Il existe des ateliers de restauration-conservation des œuvres et des traitements qui peuvent prendre en charge : gondolement, pliure, lacunes et déchirures, tache d’humidité, déchirure, adhésifs, photo-oxydation, carton acide, points de colle…
Des garanties de conservation des œuvres acquises à URDLA
Pour garantir leur bonne conservation, les imprimeurs d’URDLA utilisent très souvent des papiers « pur coton », de ph neutre, sans azurant ni acide. Ceux-ci remplacent les papiers « pur chiffon », utilisés autrefois et produits à base de chiffons de coton blanc.
Cela permettait la production d’une pâte à papier assez inégalée, contrairement à celles à base de bois qui pouvaient pourrir. Les papiers à base de végétaux sont plus fragiles.
De même, les encres d’URDLA ont une très bonne tenue à la lumière. Cela conduit le lithographe à ne disposer que d’une base de quelques couleurs (un jaune, deux rouges, deux bleus, un noir et un blanc) à partir desquelles il fabrique toutes les couleurs souhaitées par les artistes.

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