Raúl D.

Pour son exposition intitulée Raúl D., Mark Geffriaud a souhaité réaménager les lieux en délocalisant une partie des machines et des outils dans l’espace d’exposition afin de permettre, en retour, à l’exposition de s’introduire dans l’atelier. Cette nouvelle forme de cohabitation vise à déplacer les usages, en modifiant les habitudes de circulation, de production et de regard.

Les visiteurs sont invités à circuler librement dans ce nouvel environnement qui joue volontairement de la porosité entre les formes et les statuts des objets qui s’y trouvent. Vraies fausses sculptures, assemblages involontaires et outils bricolés se côtoient et s’apprivoisent. Les impressions produites pour l’exposition voisinent les tests oubliés aux murs il y a plusieurs années, ou bien s’effacent en arrière plan d’un amoncellement hétéroclite, à la manière de fonds photographiques, soulignant certains points de vue, certains cadrages que l’œil construit et déconstruit au gré de ses déplacements. Suivant l’activité de l’atelier, l’exposition est amenée à évoluer de manière imprévisible, participant pour un temps à la multiplicité des histoires qui s’y enchevêtrent, s’entrechoquent et s’éclairent.

 


Une performance pensée comme un plan séquence enchaînant une succession de mouvements de caméra propose régulièrement une visite des lieux à la nuit tombée et un nouvel usage des outils en dehors des horaires de travail et d’exposition. La presse Voirin, fabriquée l’année de La Sortie d’usine des Frères Lumière, qui occupe aujourd’hui le centre des ateliers, y joue le rôle principal. Sa trajectoire, d’une enfance passée à imprimer des fiches de payes et des bons de commande jusqu’à sa fin de carrière au service d’un regroupement d’artistes passionnés et méticuleux évoque à elle seule toute l’histoire populaire de l’imprimé. C’est cette origine qui a placé d’emblée ces techniques et ces artisans sous le regard inquisiteur d’un pouvoir qui craint que lui échappe ce qui s’imprime. C’est cette histoire que l’exposition Raúl D. aimerait approcher et dans laquelle elle espère se fondre.

 


Par le biais d’installations, de sculptures, de films et de performances, Mark Geffriaud joue avec les représentations multiples du temps et la construction de la mémoire. La circulation et l’oubli des images et des formes jettent les bases d’une archéologie fragmentaire dans laquelle le malentendu joue une place importante : libres associations, voisinages formels et fausses fictions mettent en partage la perception du monde. Dès lors, un manque est suggéré ; un univers se dessine en creux que le visiteur est invité à combler de ses propres projections. Mark Geffriaud procède très souvent par séries : les œuvres se déploient dans le temps et l’espace, se rejouent et se prolongent.

 


L’invitation est faite à une qualité de l’attention du visiteur qui doit lui-même authentifier la dimension esthétique de l’œuvre, les interstices faisant place aux projections de chacun. Il y a du jeu dans ses interventions et celui-ci offre la possibilité de s’y mouvoir.
Mark Geffriaud invite le visiteur à des promenades, engageant le corps comme l’esprit, dans les espaces-temps et dans les pages de livres qui seraient à recomposer, à inventer ou à poursuivre, à partir de ses récits, fils conducteurs, parfois dans l’après coup, de la plupart de ses interventions, expositions et performances.

Lire Chez Raúl D., par Cyrille Noirjean

http://pointcontemporain.com/

14/09/2019 > 30/11/2019samedi 14 septembre 2019 de 14h30 à 18h30URDLAMark Geffriaud
Dossier de presse Dossier pédagogique

Performance

(sur réservation)

jeudi 26/09/2019 à 19h30
jeudi 17/10/2019 à 19h
jeudi 14/11/2019 à 19h

Performance poétique
et rencontre

jeudi 3/10/2019 à 19h
Patrick Beurard-Valdoye
à l’occasion de la parution de
« Flache d’Europe aimants garde-fous »,
Flammarion, 2019

Commentaires

(sur réservation)

samedi 12/10/2019
de 15h à 16h

Visite complète

(sur réservation)

samedi 23/11/2019
de 15h à 16h
5.– € par personne

Rencontre

avec Mark Geffriaud
Libraire Michel Descours
mercredi 22/01/2020 à 19h
à l’occasion de la parution de « Deux mille quinze », FRAC Île-de-France, 2019

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