Grand Tourisme

Super F-97

Super F-97 est un projet artistique piloté par Laura Ben Haïba et Rémi De Chiara, né de l’obsolescence, de la désuétude et de la décrépitude de leur automobile déclassée, puis surclassée.

Il y a une dizaine d’années, Rémi reçoit une Ford Escort 1.6L 16V de 1997 en héritage. En 2019, l’ancienne automobile en fin de vie est rebaptisée Super F-97 pour un nouveau cycle. Elle change de statut pour devenir un objet immobile et n’appartient plus à la catégorie des « véhicules terrestres à moteur ». En perdant sa fonction utilitaire première, elle en gagne une nouvelle en tant que micro lieu d’exposition et artist-run-space. Du capot jusqu’au coffre, la « caisse » a été transformée pour devenir un habitacle pour l’expérimentation et un espace indépendant d’art contemporain. L’intérieur a été démonté et vidé pour dévoiler le squelette de l’objet et laisser place au Plateau installé comme sol/socle. Le lieu est visible de jour comme de nuit et par tous les temps grâce à un éclairage fonctionnant sur l’ancienne batterie ; et autonome avec la carrosserie comme support de communication sur le projet et les expositions.

202 432 kilomètres

Depuis sa première exposition, titrée 202 432 kilomètres en référence au kilométrage visible sur son compteur à l’arrêt, Super F-97 est en Garage au 207 rue Francis de Pressensé à Villeurbanne.

Ce premier volet abordait largement la question de l’empreinte avec les traces d’impacts et d’usures en surface, du point de vue du conducteur et de la mémoire des gestes de conduite, sous l’angle d’un bilan écologique ; et en lien avec les techniques d’impressions pratiquées à URDLA (sur l’exposition >>>).

Grand Tourisme

Grand Tourisme constitue le deuxième volet de ce premier garage pourtant déplacé à l’intérieur du 207, rue Francis-de Pressensé. Super F-97 qui se trouve dorénavant dans le jardin, entourée par le potager et les figuiers, passera la fin de l’été et l’automne au sein de ce paysage en transformation. Elle affiche sur la Galerie, une voiture esseulée dans un paysage lunaire. Une voiture sur la lune, une voiture dans le jardin.

Au verso de l’image-panneau, la citation d’un carnet de voyage en Antarctique énonce le chemin pour le regardeur : « Seul le cordon, sorte de congère artificielle qui nous sert de fil d’Ariane, est là pour nous rappeler que nous sommes bien sur la route. » Pour ceux qui se rendent à la base antarctique Dumont d’Urville il est vital de suivre le cordon durant le trajet. Les cartels apposés sur le capot de Super F-97 offrent un cordon possible à la visite. S’y découvre que la voiture n’est pas sur la lune, mais dans les Hautes Terres d’Islande qui servirent de camps d’entrainement pour le programme Apollo de la NASA qui célèbre cette année le cinquantenaire de l’aboutissement de l’une des missions : marcher sur la lune.

Ainsi se déploie l’espace extérieur à l’habitacle. Route circulaire se montre en circuit qui désigne à la fois la typologie des routes insulaires à la fois la réminiscence des jeux enfantins : moments de plaisirs, que connaît le conducteur adulte, mais aussi le dessinateur qui manie le fusain.

Cette rêverie de tout ce que la voiture n’a pas fait cohabite avec ses entrailles qui manifestent sont impossibilité de poursuivre une route réelle. Ainsi les humeurs, les les fluides sont-ils réunis dans des carafes de verre comme sur une table de dissection. L’ensemble de la proposition de Laura Ben Haïba et de Rémi De Chiara s’articule avec finesse sur la métaphore : dans un va-et-vient entre l’objet réel (les liquides) qui métaphorise la nouvelle vie de la voiture et les œuvres, métaphore de la mort pour la route (pour le Grand tourisme) du véhicule.

14/09/2019 > 30/10/2019 le 14 septembre, de 14h30 à 18h30JardinLaura Ben Haïba & Rémi De Chiara
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