Je vous embrasse à la nage,
Francesca Comandini

Je vous embrasse
à la nage.

L’espace entre-deux
par une mer qui fouette
quel serait le dessus-dessous ?

Ce qui nous manque par moments
Maintenant
d’une étreinte
amicale ?
amoureuse ?
Chaleureuse
Chaleur de l’entre-deux-corps
remplacée par rien
Peu importe qu’il fasse beau

Peut-être ce jour là il pleuvait
et il n’est pas possible de revenir
Remonter le courant, le temps, les contre-temps, les espaces, infinis ou non.
Non, nous ne pouvons pas
le pourrions-nous?
Ce qui est fait est fait !
Heureusement ? Malheureusement ?

De toutes les traversées de traviole
ou de parcours bien droit, adroits,
bien ajustés “tiens!”,
éparpillés, hésitants,
incertains ou fulgurants
comme une intuition de la nuit lumineuse et cernée.

De toute façon, de toutes les façons
possibles ou non
Je vous embrasse à la nage

Et ce matin même
quand l’aube est passée par là
passéiste, ignorante, bornée dans sa beauté et sans souci du lendemain
Oui ce matin même, il en est ainsi

Cela nous manque à jamais
Soyons-en sûrs
Sans recours et sans appel

Alors, tout simplement, franchement, tout-de-go oui
Je vous embrasse à la nage.

3 avril 2020

La Courte Échelle
Bulletin URDLA par gros temps

Francesca Comandini

La Courte Échelle
Bulletin URDLA par gros temps

Pendant la durée du confinement, 2020.

Une règle, empruntée à Barthes : « Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu’il me désire. Cette preuve existe : c’est l’écriture. L’écriture est ceci : la science des jouissances du langage, son Kamasutra (de cette science, il n’y a qu’un traité : l’écriture-même). » Les plasticiens savent que leur pratique est aussi celle de l’écriture.

Ainsi se dessine la Société des gens URDLA.

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