Confinement au sanatorium,
Gaëlle Foray

J’ai découvert l’Histoire sanatoriale en venant habiter sur le Plateau d’Hauteville.

Ici on vit au milieu des sanatoriums fantômes, au milieu des bâtiments qui sont encore des structures hospitalières, au milieu des soignants et des malades. Une personne sur deux travaille dans le médical.

Hauteville c’est une île au milieu des sapins et des prairies, un endroit qui ne se laisse pas comprendre facilement et qui ne colle ni aux clichés ni aux schémas de développement territoriaux.

C’était la cité des pulmonaires, une quarantaine où personne ne venait sauf pour y être soigné.

Alors le covid-19, le Plateau l’accueille calmement, comme si on connaissait bien son cousin, comme si on avait toujours su faire ça, vivre avec les malades.

 

 

 

« Mais le caractère révolu d’une histoire n’est-il pas d’autant plus profond, parfait et proche du conte qu’elle a lieu dans une antériorité immédiate ? Si la nôtre tient plus ou moins du conte, il se pourrait que ce soit sous d’autres aspects, en vertu de sa nature intrinsèque.
Nous la raconterons en détail, avec précision et minutie, car le côté divertissant ou languissant d’une histoire a-t-il jamais dépendu de l’espace et du temps qu’elle requiert ? Sans craindre le travers de la méticulosité, nous avons plutôt tendance à penser que seule la minutie est véritablement amusante. » Thomas Mann, « La Montagne magique. »

 

6 avril 2020

La Courte Échelle
Bulletin URDLA par gros temps

Gaëlle Foray

La Courte Échelle
Bulletin URDLA par gros temps

Pendant la durée du confinement, 2020.

Une règle, empruntée à Barthes : « Le texte que vous écrivez doit me donner la preuve qu’il me désire. Cette preuve existe : c’est l’écriture. L’écriture est ceci : la science des jouissances du langage, son Kamasutra (de cette science, il n’y a qu’un traité : l’écriture-même). » Les plasticiens savent que leur pratique est aussi celle de l’écriture.

Ainsi se dessine la Société des gens URDLA.

Photo 1
À droite, le bâtiment de l’ancienne Post-cure devenue « la Montagne magique », dans lequel j’ai installé mon atelier en 2019. Le projet est en cours de développement, il comporte des ateliers d’artistes, une brasserie artisanale, le show room et les résidences d’artistes d’une fondation d’art contemporain.

Photo 2
Vue de l’atelier

Photo 3
Gaëlle Foray, Le rond point, assemblage (papier photographique, tupperware, pierres), 25 x 35 x 35 cm, 2020

 

voir Danielle Stéphane, Hauteville

Retour vers le haut