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L'escalier

Jean Criton
ref. 8987
  • Technique : Lithographie
  • Dimensions : 40 x 30 cm
  • Tirages : 40 exemplaires, numérotés et signés
  • Papier : vélin de Rives
  • Année : 1989
  • Documents : Facture et certificat d’authenticité

Valeur : 200.– €

Livraison offerte en France Livraison : Deux à trois semaines

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Jean Criton

Le parcours artistique de Jean Criton commence en 1947, au sortir de la Grande Guerre. Après une période d'exploration d'un vocabulaire formel inspiré du fauvisme et du post-cubisme, menée aux côtés de Bernard Réquichot et de Dominique d'Acher qui allait devenir sa femme, l’abstraction gestuelle apparaît dans son œuvre au fil des années 50. De cet art informel émergent progressivement des corps schématiques, dérivés de graphismes spontanés, ainsi que des évocations de structures spatiales.

L'artiste pense alors que « le figuratif revient comme une monstruosité issue de l’écriture et du geste ». Fréquemment, une silhouette anonyme et un masque sont mis en scène dans des espaces théâtralisés totalitaires, représentatifs d'une réflexion artistique, sociale et politique plus engagée. Les critiques classent alors ses peintures dans le mouvement de la Figuration narrative. 

L’humain disparaît dans les années 70 et l’unique sujet d’une cité futuriste, composée de constructions monumentales dénuées de tout événement et de vie, incarne la maîtrise absolue d’un espace euclidien qui s’oppose au chaos. Le fusain est devenu l’outil exclusif de l’artiste et fonde dès lors sa notoriété. En 1990, la couleur revient, unie et monochrome. Jean Criton entame la série Vision vue avec les cadrages rapprochés d’une façade d'architecture repérée dans une œuvre antérieure. Par la suite, l’œuvre se resserre encore plus sur le strict nécessaire à la révélation d’une forme par le seul jeu d'une ombre sur le blanc pur d'un support. 

Aujourd'hui, d'une réflexion sur les espaces construits il ne reste que l'image d'un cube évidé dont les arêtes colorées organisent des enchevêtrements de lignes en apesanteur, projetées dans un espace indéfini. Sur des fonds sombres et dégradés, les couleurs tracent des trajectoires rectilignes, à l'image des schémas d'un trafic aérien aux destinations inconnues.

Par son œuvre, Jean Criton incarne le cheminement caractéristique d'un artiste dont l'héritage initial se fonde sur la découverte de l'abstraction d'après-guerre. Participant aux aventures artistiques des décennies successives, son œuvre se développe toutefois jusqu'à nos jours dans une logique interne assurant, d'étape en étape, la continuité de ses recherches. Bien qu'il ait appris la lithographie aux Beaux-Arts de Paris, dans l'itinéraire graphique et pictural de Jean Criton, l'édition d'œuvres multiples reste minoritaire, mais elle n'en demeure pas moins à considérer. Les estampes qu'il a créées sont toujours venues ponctuer un cycle de travail.

Pour sa première collaboration avec l’URDLA,  il réalise quelques lithographies de cités imaginaires  avant que l'opportunité d'une édition avec un texte de Bernard Noël, Les Couleurs du Il, ne lui permette de produire des lithographies avec une composition graphique d'un unique détail d'architecture déclinée sur différents fonds colorés . Semblables entre elles, nulle lithographie ne sera ainsi identique à sa voisine, inscrivant ces tirages dans la suite logique de ses peintures Visions vues, marquant son retour à la couleur. L'artiste joue avec les capacités de la technique lithographique d'y répondre par la variation. En 2013, à l'occasion de la sortie de sa monographie, Jean Criton renouvellera avec grand plaisir sa collaboration avec Max Schoendorff en éditant avec l'URDLA trente lithographies sur lesquelles il intervint de manière originale, ajoutant manuellement des lignes de couleurs différentes sur chacune d'elles . Une fois encore, c'est le rapport entre l'unicité et le multiple, mais aussi la possibilité d'établir une relation entre la reproductibilité mécanique et l'intervention manuelle, qui intéresse Jean Criton. Lors d'une exposition personnelle à Lyon en 1979, Jean Criton avait rencontré Max Schoendorff, avant même que l'URDLA ne soit créée. Attaché à ce lieu et à la personnalité de son fondateur, Jean Criton a souhaité pour sa monographie associer l'URDLA à l'édition d'une estampe révélatrice de sa dernière période de création. 

Jacques PY

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