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Cartons blondes ondulés

Jean Schuster
  • Technique : 25 lithographies en couleurs
  • Dimensions : 50 x 65 cm
  • Papier : vélin de Rives
  • Année : 1989
  • Documents : Facture et certificat d’authenticité

Valeur : 1 300.– €

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Jean Schuster

Jean Schuster (1929-1995), écrivain, poète et journaliste français, a été un acteur de premier plan du mouvement surréaliste après la Seconde Guerre mondiale. 

Jean Schuster rejoint le groupe surréaliste en 1947 et en devient très vite l’un des membres les plus actifs et les plus déterminants en s’imposant par ses interventions extérieures mais surtout par son rôle d’organisateur au sein du groupe.

Il assume en particulier la direction de Médium, puis celle de rédacteur en chef du Surréalisme, même et sera membre du comité de rédaction de La Brèche. « Logicien passionné et incisif », selon son ami Gérard Legrand, « il exerce une autorité morale indiscutée par son attitude de rébellion constante contre toutes les formes d’oppression de l’esprit, tant staliniennes que chrétiennes ».

Il est l’artisan d’un rapprochement entre les surréalistes et certains « communistes oppositionnels » qui aboutit à la formation du Cercle international des intellectuels révolutionnaires (1956). Avec Dionys Mascolo il est l’un des principaux rédacteurs du Manifeste des 121 et fonde avec lui Le Quatorze Juillet (1958), « organe de résistance intellectuelle » contre le gaullisme. Breton lui écrit à la même époque : « Je me flatte d’avoir discerné d’emblée ce que vous teniez d’exceptionnel en réserve sous le rapport de la rigueur et de l’énergie » (lettre du 30 juillet 1958). Comme le souligne Jérôme Duwa, ce n’est pas par hasard que Breton « a reconnu en Schuster celui qui savait surmonter les difficultés propres à l’action collective ». C’est aussi la raison pour laquelle, en 1966, il propose que la direction de L’Archibras (1967-1969) lui soit confiée. C’est encore lui qui sera désigné par testament après la mort du fondateur du mouvement surréaliste pour s’occuper des archives du surréalisme déposées au 42, rue Fontaine. 

Cependant, après la disparition de Breton et après la retombée de la vague d’enthousiasme de mai 1968, les tensions au sein du groupe et le manque de cohérence interne deviennent des obstacles à la poursuite de l’action commune. Dans le Quatrième Chant (Le Monde, 4 octobre 1969), en accord avec Philippe Audoin, Claude Courtot, Gérard Legrand, José Pierre et Jean-Claude Silbermann, il annonce la fin du « surréalisme historique ». Il anime par la suite la revue Coupure (1969-1972), qui tente d’inventer une variable du surréalisme sans en porter l’étiquette. Pour avoir publié des textes de La Cause du peuple alors interdit il est condamné en procès avec Eric Losfeld.

Directeur de la collection « Le désordre » de 1970 à 1973 aux Éditions Eric Losfeld/Le Terrain Vague, il est l’auteur de plusieurs recueils de textes, parmi lesquels Archives 57/58- Batailles pour le surréalisme (1969), Les Fruits de la passion (1988), T’as vu ça d’ta f’nêtre (1990), il fut l’un des membres fondateurs d’ACTUAL/Archives du surréalisme (1982-1993), association qui s’était donné pour mission de rassembler les archives surréalistes.

Si ses talents de polémiste et de théoricien sont largement connus et reconnus comme l’atteste la publication de ses principales contributions au sein du mouvement surréaliste, rassemblées dans Archives 57/68, son œuvre littéraire et poétique est cependant moins connue. À part un premier recueil, Les Moutons, la plupart de ses poèmes se trouvaient dispersés dans des revues. Il a fallu attendre leur réunion dans Une île à trois coups d’aile (Le Cherche midi, 2007) pour en mesurer l’importance.

C’est par le truchement de l’amitié avec Max Schoendorff que Jean Schuster prendra le chemin de l’URDLA. En 1989, il publie dans la collection « Livres de peintres » Carton blondes ondulés, un long poème, accompagné de vingt-cinq lithographies en couleurs de Max Schoendorff. Gérard Legrand écrit à propos de ce livre : « On saluera donc, comme une équation d’astres ou un échangeur de phares très rare, Cartons blondes ondulés, de Jean Schuster et Max Schoendorff. Deux poètes conjuguent leurs forces, c’est-à-dire le verbe “être“, l’un dans tous ces états, l’autre dans toutes ses étapes. Grand feuillet après grand feuillet, c’est l’osmose des empeintes de plantes, d’étoffes, d’outils et d’inconnu, avec la progression d’un récit qui naît lui aussi aux entrailles d’un séisme discrètement nourri de sa terreur et de sa catharsis. »

Gérard Roche

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