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La Magdeleine aux baisers

José Pierre
  • Technique : 8 lithographies en couleurs
  • Papier : vélin d'Arches
  • Année : 1986
  • Dimension : 30 x 20
  • Documents : Facture et certificat d’authenticité

Valeur : 500.– €

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José Pierre

José Pierre est né à Bénesse-Maremme (Landes) en 1927 et meurt en 1999 à Paris. Romancier, poète, critique et historien de l’art, il participe au mouvement surréaliste de 1952 à 1969. C’est en 1947, alors lycéen, qu’il entend parler pour la première fois, par un jeune professeur de lettres, du surréalisme et découvre grâce à lui les auteurs qui ne figuraient jamais dans les programmes, à commencer par les petits romantiques. 

D’abord marqué par l’influence du communisme — son père ouvrier est un militant communiste — il découvre l’anarchie au travers des publications qui foisonnent à la Libération comme La Rue ou souffle l’esprit libertaire des « copains de Prévert ». Lorsqu’il arrive à Paris il est « déjà moralement acquis au surréalisme » (José Pierre) mais il se tient à l’écart du groupe parisien encore sous l’influence des critiques venant de la gauche à l’encontre du mouvement. Élève-professeur à l’École normale supérieure, à la suite d’un travail sur L’Amour fou, il écrit à Breton, exprimant à la fois son enthousiasme et ses critiques. Breton, séduit par sa franchise, le met en rapport avec Jean Schuster. À partir de juillet 1952, José Pierre devient membre à part entière du groupe surréaliste et l’un de ses animateurs de premier plan. Il contribue à toutes les revues surréalistes : Médium, Le Surréalisme, même, La Brèche.

Partagé depuis l’enfance entre l’écriture et la peinture, il renonce finalement à celle-ci, pour se consacrer à la critique d’art. Il défend au sein du groupe surréaliste une curiosité et un esprit d’ouverture avec des positions personnelles sur Dali et le pop art. Il joue un rôle important dans la préparation des grandes expositions du mouvement : exposition EROS (1959) à la galerie Daniel Cordier, Surrealist Intrusion in Enchanter’s Domain à New York (1961), co-organisée avec Marcel Duchamp et Édouard Jaguer, L’Écart absolu, galerie de l’Œil à Paris (1965). Son sens de l’humour et du canular font de lui un polémiste efficace, en particulier contre le réalisme socialiste ou les faussaires. 

Professeur de lettres — métier qu’il exerça à contrecœur¬ — il rejoint par la suite le CNRS. Son activité de chercheur est reliée au laboratoire « Champs des activités surréalistes ». À la suite de sa thèse, André Breton et la peinture surréaliste, il publie de nombreux ouvrages sur l’histoire du mouvement surréaliste parmi lesquels Tracts et déclarations surréalistes (deux volumes). Aux éditions Rencontre, de Lausanne, il publie trois ouvrages d’histoire de l’art : Le Cubisme, Le Futurisme et le Dadaïsme et Le Surréalisme.

Parallèlement à son activité de critique et de chercheur, il écrit des pièces de théâtre et des récits érotiques : Qu’est-ce que Thérèse ? – c’est les marronniers en fleurs (1974). Sa conception du roman passe pour lui par le mélange des genres comme « chez les romantiques allemands, le roman était le genre d’expression par excellence parce qu’il pouvait comporter des passages lyriques, épiques, philosophiques, etc. » (José Pierre).

Le chemin qui a conduit José Pierre à l’URDLA passe par la rencontre avec Max Schoendorff et son enthousiasme pour la peinture de ce dernier dont il s’était longtemps tenu éloigné, éprouvant de fortes résistances envers une œuvre qui lui paraissait trop empreinte de baroque et de fantastique. La Scène de la vie des douze Césars, polyptyque, exposée à Villeurbanne (novembre 1983-janvier 1984) fut pour lui une véritable révélation qui leva ses dernières réticences : « les six panneaux […] firent sur moi l’effet de la foudre » (José Pierre).

L’URDLA éditera deux textes de José Pierre dans la collection « Livres de peintres ». Le premier : La Magdeleine aux baisers, accompagné de 8 lithographies en couleurs de Max Schoendorff. Le second : Le poème mis à nu par son poète, même, avec 14 lithographies couleur de Patrice Vermeille. José Pierre a toujours nourri, selon ses propres termes, une « ambition assez naïve » d’être reconnu comme un romancier érotique. Avec La Magdeleine aux baisers il n’atteint certes pas la dimension d’un Bataille ou d’un Sade, mais il rivalise certainement avec Oscar Panizza et son Concile d’amour. Ce long poème scabreux, entre la farce et la charge humoristique antireligieuse, nous narre par de menus détails comment la prostituée Magdeleine déniaise le Christ sous une tente « qu’emplissait l’âcre et capiteuse odeur / des fards mêlés à l’encens et au foutre ». Les lithographies de Max Schoendorff accompagnent ce texte iconoclaste d’une explosion de formes tordues par le plaisir et la volupté et les couleurs brunes, roses et rouge vif du stupre en pleine action. 

L’œuvre d’historien de l’art de José Pierre frappe par la diversité des domaines explorés allant du symbolisme jusqu’au pop art en passant par l’art médiumnique, celui des schizophrènes où des Indiens d’Amérique. Sa vie durant il  aura maintenu son indépendance de jugement critique en défendant des artistes hors des lois du marché. Peu avant sa mort, la galerie Claude Lemand lui rendait hommage, soulignant chez lui « son exigeante capacité d’amitié, et cet alliage si personnel : la rigueur du chercheur sans cesse bousculée par l’impétuosité amoureuse ».

Gérard Roche

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