{"id":687,"date":"2016-12-01T17:12:10","date_gmt":"2016-12-01T16:12:10","guid":{"rendered":"https:\/\/urdla.com\/blog\/?p=687"},"modified":"2020-03-27T18:09:14","modified_gmt":"2020-03-27T17:09:14","slug":"labitat","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urdla.com\/blog\/labitat\/","title":{"rendered":"Labitat, Mengzhi Zheng"},"content":{"rendered":"<p>L\u2019exposition s\u2019inscrit dans Collection \u00e0 l\u2019\u00e9tude \u00e0 Villeurbanne, d\u00e9ploiement biennal de la collection de l\u2019IAC (Institut d\u2019art contemporain) dans les \u00e9quipements culturels de Villeurbanne. Apr\u00e8s une premi\u00e8re r\u00e9sidence \u00e0 l\u2019URDLA en 2013, durant laquelle furent imprim\u00e9es trois pointes s\u00e8ches et <a href=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/definition-eau-forte\/\">eaux-fortes<\/a>, Mengzhi Zheng est de nouveau invit\u00e9 \u00e0 r\u00e9aliser des <a href=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/definition-estampe\/\">estampes<\/a>. Ces bois grav\u00e9s sont pr\u00e9sent\u00e9s aux c\u00f4t\u00e9s de la sculpture Pli \/ D\u00e9pli (2015), issue de la collection de l\u2019Institut, et de ce que l\u2019artiste nomme \u00ab maquettes abandonn\u00e9es \u00bb.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-758\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-2.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-2.jpg 1200w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-2-300x200.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-2-768x512.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-2-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-2-272x182.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<h2>A propos de l&rsquo;exposition<\/h2>\n<p>La cosmologie chinoise se fonde du trois : Yang-Yin-Vide M\u00e9dian, auxquels les confuc\u00e9ens font correspondre terme \u00e0 terme Ciel-Terre-Homme. L\u2019homme n\u2019habite ni la terre ni le ciel, il trouve sa<br \/>\nplace dans la Voie du Milieu juste, le Vide m\u00e9dian. C\u2019est par cette question que Mengzhi Zheng ouvre l\u2019exposition : deux voies d\u2019apparence divergentes s\u2019offrent au visiteur : \u00ab j\u2019entre o\u00f9 ? \u00bb. \u00ab J\u2019entrouvre \u00bb, r\u00e9ponds le ma\u00eetre zen faisant valoir la fonction du trou. Et je trouve, qu\u2019\u00e0 emprunter la Voie du Milieu juste, je conjoins l\u2019une et l\u2019autre. Cet espace dynamique qu\u2019est le Vide M\u00e9dian ne se soutient pas de la s\u00e9paration, mais de la reliance et de la continuit\u00e9 de l\u2019un et de l\u2019autre, de ciel et terre, d\u2019int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur. Voie traduit le chinois Tao qui joue de la m\u00eame \u00e9quivoque en chinois et en fran\u00e7ais. C\u2019est d\u2019\u00eatre parlant que l\u2019homme s\u2019inscrit dans la voie du Vide m\u00e9dian. Mais ce lieu du sujet, ce lieu du Vide, n\u2019est pas le lieu du n\u00e9ant ; il est l\u2019espace habit\u00e9 de la rencontre du Yang et du Yin que r\u00e9alise l\u2019homme.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-759\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-4.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-4.jpg 1200w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-4-300x200.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-4-768x512.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-4-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-4-272x182.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>D\u00e8s lors, lire la po\u00e9sie et la peinture chinoise avec les codes de la repr\u00e9sentation m\u00e9conna\u00eet la radicale alt\u00e9rit\u00e9 de cette culture qui ne s\u2019int\u00e9resse pas \u00e0 la diff\u00e9rence entre l\u2019objet et la repr\u00e9sentation. Po\u00e8te et peintre supportent leur pratique d\u2019un syst\u00e8me qui organise des liens, qui tisse. Michel Foucault, dans son commentaire des M\u00e9nines au chapitre premier de Les Mots et les Choses, nous permet d\u2019apercevoir l\u2019enjeu de cette mani\u00e8re d\u2019habiter le monde : \u00ab Mais l\u00e0, dans cette dispersion que [la repr\u00e9sentation] recueille et \u00e9tale tout ensemble, un vide essentiel est imp\u00e9rieusement indiqu\u00e9 de toutes parts : la disparition n\u00e9cessaire de ce qui la fonde, \u2013 de celui \u00e0 qui elle ressemble et de celui aux yeux de qui elle n\u2019est que ressemblance. Ce sujet m\u00eame \u2013 qui est le m\u00eame \u2013 a \u00e9t\u00e9 \u00e9lid\u00e9. \u00bb Le sujet trouve son habitat dans cet \u00e9cart de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre (du ciel et de la terre pour m\u00e9taphoriser).<\/p>\n<p>Mengzhi Zheng rejoint ses parents en France lorsqu\u2019il a sept ans ; on sait que ce sont les impressions premi\u00e8res de l\u2019enfance qui fondent un sujet et qui le commanderont. Aussi ses premi\u00e8res gravures (r\u00e9alis\u00e9es en 2007 dont l\u2019URDLA \u00e9dite une suite en 2013) naissent du retour en Chine. Le choix de la technique (graver, creuser le m\u00e9tal) r\u00e9pond \u00e0 ce commandement d\u2019inscription du vide. Ce chemin vers ce qu\u2019il convient de nommer l\u2019\u00e9cart ou l\u2019entre-deux, plut\u00f4t que le vide, qu\u2019irr\u00e9m\u00e9diablement la langue fran\u00e7aise renvoie au n\u00e9ant, retranchant que ce qui constitue le vide c\u2019est un plein \u2013 ce chemin vers l\u2019entre-deux, la n\u00e9cessit\u00e9 de le r\u00e9v\u00e9ler se lit d\u00e8s 2008 dans les s\u00e9ries de photographies (d\u00e9)ranger et chambre 16 o\u00f9 l\u2019usage du panoramique indique que le tout contient l\u2019\u00e9cart, contient l\u2019entre-deux. le jeux des trois coups Pens\u00e9e nocturne, Li Po (701-762) Devant mon lit \u2013 clart\u00e9 transparente. Est-ce bien du givre sur la terre ? T\u00eate lev\u00e9e : je contemple la lune. Yeux baiss\u00e9s : je songe au sol natal.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-760\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-5.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-5.jpg 1200w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-5-300x200.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-5-768x512.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-5-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-5-272x182.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>Aussi poursuit-il en toute logique la voie du milieu : la plan\u00e9it\u00e9 de la feuille s\u2019\u00e9rige en volume pr\u00e9caire (Plis-d\u00e9plis) qui dessine, cette fois, dans l\u2019espace l\u2019entre-deux : entre le plat (plein) et l\u2019armature (qui trace l\u2019\u00e9cart). L\u2019habitat ne prend sa fonction que de la pr\u00e9sence du visiteur, ici invit\u00e9 \u00e0 se loger, \u00e0 faire tenir la structure par la pr\u00e9sence de son passage. T\u00eate lev\u00e9e, son regard<br \/>\ntraverse une forme qui ne l\u2019arr\u00eate pas, o\u00f9 int\u00e9rieur et ext\u00e9rieur sont mis en continuit\u00e9. Le dessin du volume (dessiner l\u2019espace) contient son avers : le volume dessine. Les maquettes sont dites<br \/>\nabandonn\u00e9es parce qu\u2019elles ne sont pas un dessin en attente de s\u2019\u00e9riger mais \u00e0 la fois dessin et \u00e0 la fois volume, l\u2019un et l\u2019autre, \u00e9chappant tout \u00e0 la fois \u00e0 l\u2019un et \u00e0 l\u2019autre : entre-deux, lien. L\u2019atteinte du lieu de cette fragilit\u00e9 n\u00e9cessite la fonction de la h\u00e2te qui n\u2019est pas sans \u00e9voquer la r\u00e9ponse du ma\u00eetre zen qui dans la saillie d\u2019un mot, d\u2019un coup de pieds attrape et renvoie l\u2019\u00e9nigme de la<br \/>\nquestion. Feuille, ciseaux, colle, morceaux de bois, carton, mains dessinent en relief, assemblent. Elles assurent la circulation du vide. Le suspend du geste fige le regardeur qui se r\u00e9fugie dans la repr\u00e9sentation ; Mengzhi Zheng le remarque : \u00ab Quelle que soit la forme que l\u2019on donne au carton ou au bois, d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un volume et n\u2019importe o\u00f9 dans le monde on songe aux architectures rudimentaires, aux cabanes, aux abris qui n\u2019abritent pr\u00e9cis\u00e9ment jamais de rien. \u00bb Quand le sage montre la lune, imb\u00e9ciles, nous regardons le doigt, ici prenons la forme pour b\u00e9quille plut\u00f4t que de suivre le dessin.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-761\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-15.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-15.jpg 1200w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-15-300x200.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-15-768x512.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-15-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-15-272x182.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n<p>Les maquettes abandonn\u00e9es de Mengzhi Zheng nous poignent parce qu\u2019elles d\u00e9signent pr\u00e9cis\u00e9ment stabitat qui est le n\u00f4tre. Pour se tenir dans le monde un appui est n\u00e9cessaire qui ne r\u00e9clame pourtant pas la prison ni l\u2019enfermement \u2013 modalit\u00e9 courante de rejeter \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la cl\u00f4ture l\u2019\u00e9tranger. Au contraire ce qui s\u2019exp\u00e9rimente l\u00e0, c\u2019est la possible labilit\u00e9 : labitat qui n\u2019entrave<br \/>\npas le mouvement qui n\u2019exclut pas \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. Mengzhi Zheng poursuit sa marche des maquettes au derni\u00e8res linogravures (paradoxe de la plan\u00e9it\u00e9 de la gravure) qui sont \u00e0 lire, comme chacune des \u0153uvres isol\u00e9es et comme l\u2019ensemble du parcours, en paysages mentaux. La repr\u00e9sentation classique n\u2019est d\u2019aucun recours pour la travers\u00e9e \u00e0 laquelle il invite.<\/p>\n<h2>El\u00e9ments biographiques<\/h2>\n<p>N\u00e9 en 1983 \u00e0 Ruian (Chine), Mengzhi Zheng est dipl\u00f4m\u00e9 de la Villa Arson ; il vit et travaille \u00e0 Lyon. Son travail a fait l\u2019objet d\u2019une exposition personnelle \u00e0 l\u2019Espace Verney-Carron en 2015. En 2014, il r\u00e9alise (d\u00e9) construction color\u00e9e, une \u0153uvre in situ et p\u00e9renne de 8 x 8 m, install\u00e9e dans le hall du si\u00e8ge de la tour ERDF \u00e0 la D\u00e9fense.<br \/>\nEn r\u00e9sonance avec la biennale d\u2019art contemporain de Lyon 2015, Mengzhi Zheng a particip\u00e9 aux expositions Le parfait fl\u00e2neur, organis\u00e9e par le Palais de Tokyo \u00e0 la Halle Girard, et Passage \u00e0 la Capitainerie. Un second volet de cette derni\u00e8re est pr\u00e9sent\u00e9 \u00e0 Leipzig en 2016 en Allemagne. Son \u0153uvre est pr\u00e9sente dans plusieurs collections publiques dont l\u2019Institut d\u2019art contemporain de Villeurbanne et le FRAC Auvergne. En collaboration pour la r\u00e9alisation avec le cabinet d\u2019architecture William Wilmotte et la paysagiste Anne-Laure Giroud, Mengzhi Zheng est laur\u00e9at pour le projet d\u2019embellissement et l\u2019am\u00e9nagement sculptural d\u2019une terrasse au dernier \u00e9tage pour la r\u00e9novation du parking Lyon Parc Auto des Halles de Lyon qui sera livr\u00e9 courant 2017.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-762\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-28.jpg\" alt=\"\" width=\"1200\" height=\"800\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-28.jpg 1200w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-28-300x200.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-28-768x512.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-28-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2016\/12\/BD-Mengzhi-Zheng-URDLA-28-272x182.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 1200px) 100vw, 1200px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L\u2019exposition s\u2019inscrit dans Collection \u00e0 l\u2019\u00e9tude \u00e0 Villeurbanne, d\u00e9ploiement biennal de la collection de l\u2019IAC (Institut d\u2019art contemporain) dans les \u00e9quipements culturels de Villeurbanne. 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