{"id":681,"date":"2013-09-01T15:29:41","date_gmt":"2013-09-01T13:29:41","guid":{"rendered":"https:\/\/urdla.com\/blog\/?p=681"},"modified":"2020-03-24T11:10:53","modified_gmt":"2020-03-24T10:10:53","slug":"the-blood-flesh-of-life-myriam-mechita","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urdla.com\/blog\/the-blood-flesh-of-life-myriam-mechita\/","title":{"rendered":"The Blood &#038; Flesh of life, Myriam Mechita"},"content":{"rendered":"<p>La saison 2013-2014 s\u2019ouvre sous les auspices de Virginia Woolf dans la parution de ENFIN, textes Virginia Woolf, traduction et pr\u00e9face Jacques Aubert, lithographies Myriam Mechita. Les plus attentifs des urdl\u00e9ens auront not\u00e9 que les ouvrages de bibliophilie sortaient avec moins d\u2019entrain apr\u00e8s le succ\u00e8s de l\u2019exposition Po\u00ebsimage (2001). R\u00e9sultat de la rencontre entre un plasticien et un po\u00e8te, ils manifestent leur appartenance \u00e0 la tradition qu\u2019on peut faire na\u00eetre avec Le Corbeau, Edgar Allan Poe, St\u00e9phane Mallarm\u00e9, \u00c9douard Manet (1875). De ce fil ininterrompu on peut citer les Calligrammes, Apollinaire \u2013 De Chirico, Guy Debord \u2013 Asger Jorn, Andr\u00e9 du Bouchet \u2013 Tal Coat\u2026 \u00c0 l\u2019URDLA, point d\u2019embo\u00eetage luxueux, les pages pr\u00e9cieuses sont conserv\u00e9es dans de simples coffrets de bois \u2013 choisis par Max Schoendorff, ils ne sont pas sans rappeler les boites des San Luis Rey qu\u2019il fumait avec volupt\u00e9.<\/p>\n<p>Signes du pass\u00e9 : de m\u00eame qu\u2019on n\u2019abandonnait gu\u00e8re son cigare que pour entrer \u00e0 l\u2019op\u00e9ra en le confiant \u00e0 un enfant des rues pour qu\u2019il le maintienne allum\u00e9 sans le fumer, de m\u00eame l\u2019amateur d\u2019art et le bourgeois s\u2019enorgueillissaient-ils d\u2019une biblioth\u00e8que volumineuse et constitu\u00e9e de livres rares et d\u2019artistes. Les mutations qui provoquent la crise violente du monde du livre aujourd\u2019hui, modifiant durablement notre rapport \u00e0 l\u2019objet m\u00eame et \u00e0 la lecture, renforcent la position \u00e9thique de l\u2019URDLA qui s\u2019est fond\u00e9e afin d\u2019\u00ab \u0153uvrer pour la sauvegarde et le d\u00e9veloppement de toutes les techniques relatives \u00e0 la cr\u00e9ation, \u00e0 la r\u00e9alisation et \u00e0 l\u2019\u00e9dition d\u2019estampes originales, de multiples et de livres ainsi que de veiller \u00e0 leur diffusion \u00bb. Manifestations de son origine, les livres de peintres paraissent dor\u00e9navant une fois l\u2019an et donnent lieu \u00e0 une exposition qui permet d\u2019int\u00e9grer \u00e0 l\u2019ensemble de la production d\u2019un artiste cette nouvelle voie. Les livres, \u00e9lev\u00e9s au rang d\u2019\u0153uvre d\u2019art, se montrent.<\/p>\n<p>ENFIN est un \u00e9l\u00e9ment de l\u2019exposition de Myriam Mechita The Blood &amp; Flesh of Life (le titre est un emprunt \u00e0 Virginia Woolf). Contrairement \u00e0 la pens\u00e9e courante donc r\u00e9actionnaire, l\u2019anglais n\u2019est pas universel. La langue \u2013 parl\u00e9e par chacun, enti\u00e8rement vou\u00e9e \u00e0 l\u2019illusion de la communication et de l\u2019efficacit\u00e9, n\u2019a pas de commune mesure avec celle de Virginia Woolf ou bien encore de Wilfred Owen et Siegfried Sassoon qui appara\u00eetront dans le prochain num\u00e9ro. D\u00e9fense et illustration, c\u2019est bien l\u2019objet de l\u2019URDLA qui se soutient du rapport \u00e0 l\u2019\u00e9trange(r).<\/p>\n<p>Le projet qui nous occupe est n\u00e9 il y a plus de deux ans sous l\u2019impulsion de Jacques Aubert, qui proposa de r\u00e9unir deux extraits de textes de Woolf (il en donne le sens dans la pr\u00e9face) et de les soumettre au regard d\u2019un artiste. Ainsi nous offre-t-il la possibilit\u00e9 de poursuivre un dialogue amorc\u00e9 en 1992 : une traduction d\u2019un po\u00e8me de William Butler Yeats ponctu\u00e9e de lithographies de Claudio Parmiggiani.<\/p>\n<p>Myriam Mechita s\u2019est impos\u00e9e d\u2019\u00e9vidence. Qu\u2019y avait-il dans son travail qui faisait signe \u00e0 la figure de Woolf ? Il serait question d\u2019ambiance : les dessins, les installations, et les c\u00e9ramiques de la Cit\u00e9 de S\u00e8vres laissaient poindre quelque m\u00e9lancolie sous le scintillement des couleurs. Mais aussi une position tenue avec fermet\u00e9 dans la vie de l\u2019\u0153uvre et qui marque la place d\u2019une femme (il ne s\u2019agit pas l\u00e0 d\u2019un f\u00e9minisme ordinaire).<\/p>\n<p>Cette rencontre eut des effets : les dessins montr\u00e9s en mars \u00e0 la Galerie Eva Hober (Paris), et les c\u00e9ramiques derni\u00e8rement r\u00e9alis\u00e9es \u00e0 la Manufacture royale, indiquaient d\u00e9j\u00e0 les grandes lignes d\u2019un dialogue Woolf \u2013 Mechita. De nouveaux objets apparurent : m\u00e9taphores du travail en cours, des livres deviennent des sculptures, texte partiellement recouvert par l\u2019alphabet propre \u00e0 Myriam Mechita. L\u2019exposition, compos\u00e9e d\u2019\u0153uvres r\u00e9centes, d\u00e9ploie sur les cimaises et les socles de la galerie ce qui se joue entre les pages du livre. Gageure relev\u00e9e, unique forme possible du dialogue : il faut \u00eatre trois pour qu\u2019une \u0153uvre \u00e9merge.<br \/>\n\u00a0\u00bb \u00e7a presse \u00a0\u00bb est notre lien. Il lie entre eux les \u00e9l\u00e9ments de la vie quotidienne de l\u2019URDLA (r\u00e9sidences, parutions, expositions) et en propose un sens, une interpr\u00e9tation. Lire, c\u2019est interpr\u00e9ter.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<h2>L&rsquo;exposition The Blood &amp; Flesh of life \u00e0 l&rsquo;URDLA<\/h2>\n<p><em>Levant la main, elle imagina qu\u2019elle \u00e9prouvait, affaibli, le choc des choses qu\u2019il avait pens\u00e9es plus d\u2019un si\u00e8cle auparavant, picotant, tels des messages de t\u00e9l\u00e9graphie sans fil, sur sa paume. Des gens pensaient, en ce <\/em><em>temps-l\u00e0 tout comme maintenant ; et la pens\u00e9e, apr\u00e8s tout, est la chair et le sang m\u00eame de la vie ; l\u2019action lui <\/em><em>paraissait alors tout \u00e0 fait hors de proportion, comme si les gens venaient agiter des drapeaux sous votre nez. <\/em><em>[\u2026] (Virginia Woolf.)<\/em><\/p>\n<p>La parution \u00e0 l\u2019URDLA de ENFIN, texte de Virginia Woolf (traduction et pr\u00e9face de Jacques Aubert), lithographies de Myriam Mechita, constituera le c\u0153ur de cette exposition regroupant, autour de la figure de Virginia Woolf, les travaux les plus r\u00e9cents de cette artiste n\u00e9e en 1974 (dessins, c\u00e9ramiques \u00e9dit\u00e9es par la Cit\u00e9 de la c\u00e9ramique de S\u00e8vres, livres, estampes).<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-full wp-image-685\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-8.png\" alt=\"myriam mechita The Blood &amp; Flesh of life\" width=\"298\" height=\"451\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-8.png 298w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-8-198x300.png 198w\" sizes=\"(max-width: 298px) 100vw, 298px\" \/><\/p>\n<p>\u00ab De quel monde a-t-elle surgi, cette Virginia Stephen, point encore Woolf, au moment m\u00eame o\u00f9 naissait la Grande Guerre ? Il est trop facile d\u2019en faire l\u2019enfant g\u00e2t\u00e9e un peu rebelle du monde victorien, de ses falbalas et dentelles surann\u00e9s, rebelle au patriarcat et \u00e0 ses violences. Elle fut la premi\u00e8re \u00e0 marquer qu\u2019il \u00e9tait pour elle un autre monde, qui f\u00fbt \u00e0 la rencontre de l\u2019autre. Et il se trouve que ce moment dont nous parlons, de la gestation des conflits \u00e0 leur \u00e9closion dans l\u2019horreur des tranch\u00e9es (son premier roman, The Voyage Out, parut en 1915), fut pour elle aussi un moment de crise et de renaissance : de naissance \u00e0 l\u2019\u00e9criture et de reconnaissance de son g\u00e9nie. \u00bb [\u2026] (Jacques Aubert.)<\/p>\n<h3>Objets brillants<\/h3>\n<p>\u00c0 l\u2019aide d\u2019un simple crayon graphite, Mechita dispose ces figures f\u00e9minines dans des paysages scintillants afin qu\u2019elles absorbent mieux la lumi\u00e8re et le regard fascin\u00e9 du spectateur. Elles s\u2019\u00e9l\u00e8vent au-dessus d\u2019un champ jonch\u00e9 d\u2019objets brillants : c\u00e9ramiques couvertes de platine, tra\u00een\u00e9es de perles, larmes de verre ou de quartz, petits objets en bronze. Entre transparence et aveuglement, les installations de Mechita composent avec la mati\u00e8re autant qu\u2019avec la lumi\u00e8re : replis, reflets, r\u00e9verb\u00e9rations, disparition.<\/p>\n<h3>Vie<\/h3>\n<p>La vie et la mort ne sont que les deux faces d\u2019une m\u00eame r\u00e9alit\u00e9. La mort s\u2019immisce dans tous les interstices de l\u2019\u00e9difice puisqu\u2019elle est le lieu o\u00f9 toute vie s\u2019ab\u00eeme, puisqu\u2019elle est l\u2019ultime exp\u00e9rience de la limite. La vie se construit tout enti\u00e8re dans cet \u00e9cart avec la mort. La femme et l\u2019animal, la femme en animal, l\u2019instinct de reproduction et la n\u00e9cessit\u00e9 de la jouissance. L\u2019\u0153uvre vivante de Mechita investit le paradoxe inh\u00e9rent \u00e0 ces oppositions. \u00bb [\u2026] (Vanessa Desclaux, extrait, exposition Je suis le phoenix ou l\u2019Amour en collier, galerie Eva Hober, mars-mai 2013.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-682 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-5.png\" alt=\"Exposition myriam mechita\" width=\"672\" height=\"512\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-5.png 672w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-5-300x229.png 300w\" sizes=\"(max-width: 672px) 100vw, 672px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-683 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-6.png\" alt=\"expo myriam mechita\" width=\"582\" height=\"421\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-6.png 582w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-6-300x217.png 300w\" sizes=\"(max-width: 582px) 100vw, 582px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"size-full wp-image-684 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-7.png\" alt=\"The Blood &amp; Flesh of life\" width=\"662\" height=\"393\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-7.png 662w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/cont-7-300x178.png 300w\" sizes=\"(max-width: 662px) 100vw, 662px\" \/><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La saison 2013-2014 s\u2019ouvre sous les auspices de Virginia Woolf dans la parution de ENFIN, textes Virginia Woolf, traduction et pr\u00e9face Jacques Aubert, lithographies Myriam Mechita. 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