{"id":523,"date":"2019-07-26T13:19:09","date_gmt":"2019-07-26T11:19:09","guid":{"rendered":"https:\/\/urdla.com\/blog\/?p=523"},"modified":"2019-12-17T11:41:59","modified_gmt":"2019-12-17T10:41:59","slug":"together-with-other","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urdla.com\/blog\/together-with-other\/","title":{"rendered":"Together with other"},"content":{"rendered":"<p>La nomination, en octobre 2018, d\u2019Isabelle Bertolotti, directrice du MAC de Lyon et directrice artistique de la Biennale d\u2019art contemporain, accompagne les grands changements de la 15e Biennale d\u2019<a href=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/difference-art-contemporain-moderne\/\">art contemporain<\/a> de Lyon qui ouvrira en septembre 2019. Ce sont les 29 000 m\u00e8tres carr\u00e9s, des usines Fagor-Brandt (revendus \u00e0 SITL ferm\u00e9e depuis 2015), qui accueilleront pour la premi\u00e8re fois l\u2019exposition internationale de la Biennale, dont le commissariat a \u00e9t\u00e9 confi\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9quipe curatoriale du Palais de Tokyo : Ad\u00e9la\u00efde Blanc, Daria de Beauvais, Yoann Gourmel, Matthieu Leli\u00e8vre, Vittoria Matarrese, Claire Moul\u00e8ne et Hugo Vitrani. Si en 2001 d\u00e9j\u00e0, sept commissaires avaient compos\u00e9 \u00ab Connivence \u00bb, l\u2019enjeu est aujourd\u2019hui tout autre et se manifeste dans les modalit\u00e9s de l\u2019\u00e9laboration et du travail de l\u2019\u00e9quipe du Palais de Tokyo qui se soutient du collectif.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-564\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/banni\u00e4re-horizontal-1.jpg\" alt=\"\" width=\"800\" height=\"160\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/banni\u00e4re-horizontal-1.jpg 800w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/banni\u00e4re-horizontal-1-300x60.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/banni\u00e4re-horizontal-1-768x154.jpg 768w\" sizes=\"(max-width: 800px) 100vw, 800px\" \/><\/p>\n<p>Le titre de cette \u00e9dition, emprunt\u00e9 \u00e0 Raymond Carver, \u00ab L\u00e0 o\u00f9 les eaux se m\u00ealent \u00bb \u00e9voque la topographie de la M\u00e9tropole. La puissance m\u00e9taphorique, la beaut\u00e9 du rythme de la traduction fran\u00e7aise font disparaitre ce que v\u00e9hicule le vers du po\u00e8te am\u00e9ricain : \u00ab Where Water Comes Together With Other Water. \u00bb Together \u00e9tymologiquement lie, fonde le groupe et \u00e0 la fois en s\u00e9pare, en localise les \u00e9l\u00e9ments. L\u2019ensemble permet donc de faire place \u00e0 l\u2019autre (other) sans l\u2019exclure, le rejeter \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur, de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 d\u2019une fronti\u00e8re symbolique, imaginaire ou r\u00e9elle. C\u2019est bien ce travail, cet accueil \u00e0 l\u2019autre qui est \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les diff\u00e9rentes dimensions de cette Biennale. \u00c9videment au sein m\u00eame de l\u2019\u00e9quipe des commissaires, mais aussi dans leur d\u00e9sir de d\u00e9ployer, d\u2019irriguer la biennale sur le territoire de la R\u00e9gion. Ainsi on-t-ils particip\u00e9 \u00e0 la s\u00e9lection des artistes de la \u00ab Jeune cr\u00e9ation internationale \u00bb, pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019IAC \u2013 Villeurbanne. Ainsi ont-ils constitu\u00e9 et renouvel\u00e9 un ensemble labelis\u00e9 \u00ab Exposition associ\u00e9es \u00bb : la Fondation Bullukian, le Mus\u00e9e des Beaux-arts, le si\u00e8ge du CIC \u00e0 Lyon, URDLA (Villeurbanne), La Halle des bouchers (Vienne), le Creux de l\u2019enfer (Thiers), la Villa du Parc (Annemasse), le Couvent de la Tourette (\u00c9veux).<\/p>\n<p>Le possible de la rencontre m\u00e9taphoris\u00e9 par le po\u00e8te constitue l\u2019ambition de la proposition que le nouveau lieu d\u2019accueil, ruines d\u2019un monde, manifeste. Les r\u00e9volutions industrielles du XIXe si\u00e8cle, ce qu\u2019elles ont port\u00e9 d\u2019id\u00e9al dans le progr\u00e8s, les modifications radicales qu\u2019elles impos\u00e8rent aux hommes, mais aussi au paysage, ce qu\u2019elles ont induit de la position de l\u2019\u00eatre parlant face au monde, ont plus r\u00e9cemment rencontr\u00e9 la violence du r\u00e9el nomm\u00e9 Anthropoc\u00e8ne par les scientifiques. D\u00e8s lors comment ne pas faire avec l\u2019entrem\u00ealement de ces questions politiques, po\u00e9tiques, esth\u00e9tiques et \u00e9cologiques ? Quelle \u00e9thique en extraire ? Lyon, berceau du cin\u00e9matographe, la plus connue des inventions des Fr\u00e8res Lumi\u00e8res qui ont port\u00e9s haut ce que pouvait produire l\u2019industrialisation dans de nombreux domaines, Lyon, ville du m\u00e9tier \u00e0 tisser Jacquard, porte dans son paysage historique, mental et dans sa topographie les effets de cette p\u00e9riode puis de son glissement dans ce que l\u2019on nomme aujourd\u2019hui capitalisme sp\u00e9culatif.<\/p>\n<p>Une cinquantaine d\u2019artistes sont invit\u00e9s \u00e0 r\u00e9aliser des \u0153uvres in situ pr\u00e9cis\u00e9ment dans un dialogue avec les acteurs du terrain, du site, avec les entreprises locales sur le principe du circuit-court. Ici aussi r\u00e9side une des sp\u00e9cificit\u00e9s de cette \u00e9dition qui laisse place \u00e0 la production d\u2019\u0153uvres non d\u00e9li\u00e9e du contexte social et \u00e9conomique duquel elles voient le jour et doubl\u00e9e par le fait qu\u2019un grand nombre des artistes invit\u00e9s n\u2019ont pas ou que peu \u00e9t\u00e9 montr\u00e9s en France. Se jouent l\u2019apport et le r\u00f4le de la pr\u00e9sence de l\u2019artiste dans les groupes qui constituent une soci\u00e9t\u00e9. Que le plasticien embrasse de front les questions soci\u00e9tales contemporaines, ou que son geste, son action s\u2019insinue discr\u00e8tement dans le tissu social, cette rencontre ouvre au d\u00e9placement. \u00ab L\u00e0 o\u00f9 les eaux se m\u00ealent est ainsi une exposition imagin\u00e9e comme un paysage pliss\u00e9 o\u00f9 chaque vague et chaque cr\u00eate, chaque sommet et chaque creux, chaque bifurcation, chaque variation en somme, ouvre sur de nouvelles perspectives et mises en relation. Vue du ciel, cette carte-l\u00e0 ressemble \u00e0 n\u2019importe quel atlas. \u00c0 hauteur d\u2019yeux, elle prend au contraire du relief et rend lisible au sens propre comme au figur\u00e9 cette double r\u00e9alit\u00e9 que recouvre le paysage, compris \u00e0 la fois comme une transformation mat\u00e9rielle de l\u2019environnement et sa repr\u00e9sentation culturelle. \u00bb Soit une biennale qui refuse l\u2019enfermement dans une solution de continuit\u00e9 pour que s\u2019aper\u00e7oive un paysage nouveau, qui effectue la porosit\u00e9 du fonds et de la forme. Il s\u2019agit d\u2019un fil \u00e0 tenir, qui vaut par l\u2019exercice qu\u2019il constitue et qui repousse le traditionnel jugement du r\u00e9sultat.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-572 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-300x199.jpg\" alt=\"\" width=\"889\" height=\"590\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-300x199.jpg 300w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-768x509.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-1024x678.jpg 1024w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-2000x1325.jpg 2000w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-1568x1039.jpg 1568w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2019\/07\/unnamed-8-272x182.jpg 272w\" sizes=\"(max-width: 889px) 100vw, 889px\" \/><\/p>\n<p>Stephen Powers, \u00ab L\u00e0 o\u00f9 les eaux se m\u00ealent \u00bb est un titre emprunt\u00e9 \u00e0 un po\u00e8me de Raymond Carver, in <em>Po\u00e9sie<\/em> \u00a9 \u00c9ditions de l\u2019Olivier, 2015, <em>\u00ab Where Water Comes Together With Other Water by Raymond Carver\u00bb<\/em> \u00a9 Raymond Carver 1985, Tess Gallagher 1989, used by permission of The Wylie Agency (UK) Limited.<\/p>\n<p>Malin Bulow, <em>Firkanta elastisitet &#8211; Skulptur i spenn<\/em>, 2017. Store Salen, Kunstbanken &#8211; Hedmark Kunstsenter, \u00a9 Photo : Fruzsina Berkes and Malin Bu\u0308low<\/p>\n<p>Cr\u00e9dit photo : Blaise Adilon\u00a9<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>La nomination, en octobre 2018, d\u2019Isabelle Bertolotti, directrice du MAC de Lyon et directrice artistique de la Biennale d\u2019art contemporain, accompagne les grands changements de la 15e Biennale d\u2019art contemporain de Lyon qui ouvrira en septembre 2019. 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