{"id":4155,"date":"2020-07-02T11:22:00","date_gmt":"2020-07-02T09:22:00","guid":{"rendered":"https:\/\/urdla.com\/blog\/?p=4155"},"modified":"2020-07-07T14:20:44","modified_gmt":"2020-07-07T12:20:44","slug":"maite-marra-franck-belpois","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urdla.com\/blog\/maite-marra-franck-belpois\/","title":{"rendered":"<i>Et quand tu t\u2019es r\u00e9veill\u00e9,<\/i> <\/br>Franck Belpois"},"content":{"rendered":"<p class=\"p1\"><span class=\"s1\">\u00ab\u00a0 <\/span><span class=\"s2\"><i>Et quand tu t\u2019es r\u00e9veill\u00e9, tu faisais partie d\u2019un monde nouveau.\u00a0<\/i><\/span><span class=\"s1\">\u00bb<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\">Il y a un certain point de vue, dans la salle des archives d\u2019URDLA, fen\u00eatres ouvertes, point de vue sur la totalit\u00e9 de l\u2019impasse et sur son ouverture sur la rue Francis-de-Pressens\u00e9, mettons une certaine lumi\u00e8re, l\u2019apr\u00e8s-midi du dernier jour de juin 2020, des bruits lointains et quelque chose comme le bruissement du feuillage des arbres. Ce bruit-l\u00e0 en rappelle un autre \u00e0 la fin du roman d\u2019Haruki Murakami, <\/span><span class=\"s3\"><i>L\u2019incolore Tsukuru Tazaki et ses ann\u00e9es de p\u00e8lerinage<\/i><\/span><span class=\"s2\">\u00a0(2015) : \u00ab\u00a0Ne demeura ensuite que le bruissement du vent \u00e0 travers les bosquets de bouleaux blancs\u00a0\u00bb. Dans le roman de Murakami, ce bruit-l\u00e0, le personnage ne l\u2019entend pas car il s\u2019est enfonc\u00e9 dans le sommeil, dans l\u2019attente, suppose-t-on, d\u2019un matin excellent et juste. Dans la r\u00e9alit\u00e9, c\u2019est ce bruit-l\u00e0 que j\u2019ai remarqu\u00e9, \u00e0 travers l\u2019une des fen\u00eatres ouvertes, quand les \u00e9l\u00e8ves gravaient des plaques de lino, avec une concentration souple, t\u00eatue et silencieuse. Et depuis la lecture de ce roman, le bruissement des feuilles me rappelle son finale \u2014 les fins des romans de Murakami sont souvent des portes ouvertes \u00e0 la contemplation \u2014<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>une phrase simple et m\u00e9morable. Ce moment-l\u00e0 devient lui aussi un moment simple et m\u00e9morable et il est co\u00efncide avec un retour \u00e0 la vie propre d\u2019URDLA comme un lieu ouvert et vivant.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4161\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"2560\" data-wp-editing=\"1\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-scaled.jpeg 1920w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-225x300.jpeg 225w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-1152x1536.jpeg 1152w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-1536x2048.jpeg 1536w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-1500x2000.jpeg 1500w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4306-1568x2091.jpeg 1568w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\">Donc, mardi 30 juin, Ma\u00eft\u00e9 Marra accompagne, pour le projet DAAC \u00ab\u00a0Une fronti\u00e8re n\u2019est pas un mur\u00a0\u00bb, dont on a d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 <a href=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/vendredi-13-franck-belpois\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">ici<\/a> et <a href=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/la-derniere-seance-blandine-devers\/\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">l\u00e0<\/a>, le deuxi\u00e8me groupe d\u2019une classe de 1<\/span><span class=\"s4\"><sup>\u00e8re<\/sup><\/span><span class=\"s2\"> g\u00e9n\u00e9rale du lyc\u00e9e Albert Camus de Rillieux-la-Pape, groupe qui n\u2019avait pas pu faire cet atelier de pratique artistique pour cause de confinement. URDLA a rouvert ses portes en mai, mais ce jour-l\u00e0, le lieu a retrouv\u00e9 son \u00e9nergie, son d\u00e9sordre et son activit\u00e9\u00a0: les deux imprimeurs impriment\u00a0;<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>le plasticien Gilles Pourtier est l\u00e0 pour l\u2019impression des xylogravures qui seront pr\u00e9sent\u00e9es d\u00e9but septembre \u00e0 URDLA\u00a0; il y a quand on traverse l\u2019atelier une odeur particuli\u00e8re, celle des encres et des presses, un bruissement des machines lui aussi parfaitement reconnaissable. Des \u00e9l\u00e8ves sont l\u00e0, il fait beau, c\u2019est presque la fin d\u2019une ann\u00e9e scolaire compliqu\u00e9e, ils ne passent pas l\u2019oral de fran\u00e7ais, il a fallu les remotiver pour finir ce projet, tous ne sont pas venus, mais les pr\u00e9sents l\u2019ont \u00e9t\u00e9, pr\u00e9sents comme jamais dans le truc en train d\u2019\u00eatre fait. On a d\u00e9j\u00e0 \u00e9voqu\u00e9 ce miracle permis souvent par un atelier de pratique artistique, de la totale appropriation de son projet par l\u2019\u00e9l\u00e8ve et sa capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019adapter \u00e0 une technique et \u00e0 l\u2019adapter, autant que possible, \u00e0 sa d\u00e9marche de fabrication. L\u2019intuition devient inventive. Ma\u00eft\u00e9 sugg\u00e8re des pistes possibles, rassure, montre une technique, assure un trait. Andres Pe\u00f1a apprend \u00e0 une \u00e9l\u00e8ve comment <\/span><span class=\"s3\"><i>habiller<\/i><\/span><span class=\"s2\"> un arbre d\u2019un feuillage, on en revient au bruissement, montre comment on imprime, comment on encre une matrice, comment on v\u00e9rifie que sa totalit\u00e9 l\u2019est de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re. L\u2019intuition d\u2019un \u00e9l\u00e8ve pour donner de la vie \u00e0 son image est reprise et modifi\u00e9e par un autre\u00a0; les techniques de prise en main des gouges s\u2019\u00e9changent\u00a0; une \u00e9nergie joyeuse et s\u00e9rieuse circule. Le premier groupe avait fait cet atelier de gravure le vendredi 13 mars, juste avant que les \u00e9tablissements scolaires, et URDLA, soient ferm\u00e9s. Celui-ci, juste retour des choses, f\u00eate sa<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>totale r\u00e9ouverture.<\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\">L\u2019\u00e9crivain Edgar Keret, pour parler de cette vie-l\u00e0, celle de la circulation, des \u00e9changes, des tentatives, des essais, du d\u00e9sordre qui va avec, passe par le mot yiddish \u00ab\u00a0<\/span><span class=\"s3\"><i>balagan<\/i><\/span><span class=\"s2\">\u00a0\u00bb, qu\u2019il traduit poliment, dans le <\/span><span class=\"s3\"><i>Lexique nomade<\/i><\/span><span class=\"s2\">, publi\u00e9 par <\/span><span class=\"s3\"><i>Le Monde <\/i><\/span><span class=\"s2\">et la Villa Gillet lors des Assises du roman en 2008, par \u00ab gabegie totale \u00bb, mais dont la d\u00e9finition serait plut\u00f4t \u00e0 chercher du c\u00f4t\u00e9 du bordel le plus d\u00e9brid\u00e9 et le plus salvateur, mettons un principe de d\u00e9sorganisation qui porte en lui une \u00e9nergie r\u00e9elle, propice \u00e0 la cr\u00e9ativit\u00e9, \u00ab une preuve de vitalit\u00e9 et de fougue \u00bb, \u00e9crit-il : \u00ab C\u2019est l\u00e0, dans un environnement o\u00f9 les gens poussent et bousculent dans les files d\u2019attente, o\u00f9 les enfants pr\u00e9f\u00e8rent \u00e9crire sur les murs plut\u00f4t que sur du papier, o\u00f9 un attach\u00e9-case est susceptible de contenir des avis d\u2019imposition tach\u00e9s de gras gliss\u00e9s entre un sandwich au pastrami et un d\u00e9but de po\u00e8me griffonn\u00e9 sur une feuille de papier millim\u00e9tr\u00e9, l\u00e0 qu\u2019on trouvera la libert\u00e9 humaine, cette libert\u00e9 que le yiddish et l\u2019h\u00e9breu ont toujours consid\u00e9r\u00e9e comme sacr\u00e9e \u00bb. <\/span><\/p>\n<p class=\"p3\"><span class=\"s2\">Retour donc au <\/span><span class=\"s3\"><i>balagan<\/i><\/span><span class=\"s2\"> du lieu et \u00e0 ce qu\u2019il permet : le travail d\u2019un artiste confirm\u00e9 ; la possibilit\u00e9, par lui offerte, pour des \u00e9l\u00e8ves, d\u2019exp\u00e9rimenter et de cr\u00e9er des \u0153uvres ; le bruissement des feuilles comme la bande-son, discr\u00e8te comme la note de fond d&rsquo;un parfum, de l\u2019\u00e9nergie d\u2019URDLA et de sa circulation.<\/span><\/p>\n<p class=\"p4\"><span class=\"s2\">Retour aussi au titre de cet article, la derni\u00e8re phrase d\u2019un autre roman de Murakami, <\/span><span class=\"s3\"><i>Kafka sur le rivage<\/i><\/span><span class=\"s2\">, dont on salue ici la justesse et la belle ad\u00e9quation pour dire ce moment-l\u00e0 et c\u00e9l\u00e9brer la r\u00e9ouverture de la maison URDLA, qui a tenu bon.<\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"aligncenter size-full wp-image-4163\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-scaled.jpeg\" alt=\"\" width=\"1920\" height=\"2560\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-scaled.jpeg 1920w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-225x300.jpeg 225w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-768x1024.jpeg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-1152x1536.jpeg 1152w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-1536x2048.jpeg 1536w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-1500x2000.jpeg 1500w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2020\/07\/IMG_4355-1568x2091.jpeg 1568w\" sizes=\"(max-width: 1920px) 100vw, 1920px\" \/><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00ab\u00a0 Et quand tu t\u2019es r\u00e9veill\u00e9, tu faisais partie d\u2019un monde nouveau.\u00a0\u00bb Il y a un certain point de vue, dans la salle des archives d\u2019URDLA, fen\u00eatres ouvertes, point de vue sur la totalit\u00e9 de l\u2019impasse et sur son ouverture sur la rue Francis-de-Pressens\u00e9, mettons une certaine lumi\u00e8re, l\u2019apr\u00e8s-midi du dernier jour de juin 2020, [&hellip;]<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":4156,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[12],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4155"}],"collection":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=4155"}],"version-history":[{"count":9,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4155\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":4169,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/4155\/revisions\/4169"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/4156"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=4155"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=4155"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=4155"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}