{"id":2140,"date":"2012-09-14T15:35:29","date_gmt":"2012-09-14T13:35:29","guid":{"rendered":"https:\/\/urdla.com\/blog\/?p=2140"},"modified":"2020-04-01T09:44:40","modified_gmt":"2020-04-01T07:44:40","slug":"parfois-je-suis-incapable-de-tutoyer-un-chien-eric-corne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urdla.com\/blog\/parfois-je-suis-incapable-de-tutoyer-un-chien-eric-corne\/","title":{"rendered":"<i>Parfois je suis incapable de tutoyer un chien<\/i>, \u00c9ric Corne"},"content":{"rendered":"<p>\u00ab Libre association \u00bb, <em>Cyrille Noirjean<\/em> &amp; \u00c9ric Corne<\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>Tu disais qu\u2019une image peut ouvrir \u00e0 l\u2019amour. Pour prendre le contre-pied en citant un titre de Marie-Jos\u00e9 Mondzain\u00a0: l\u2019image peut-elle tuer\u00a0?<\/i><\/span><span class=\"s2\"><i> Elle n\u2019est pas faite pour \u00e7a. M\u00eame s\u2019il y a ce livre Le Tunnel, de Sabato, o\u00f9 une femme tombe amoureuse d\u2019un tableau et la mort arrive par l\u00e0\u2026\u00a0Mais je ne crois pas que \u00e7a soit \u00e7a.<br \/>\n<\/i><\/span><span class=\"s2\">Une image met en crise. Par exemple, la crise \u00e9conomique que nous vivons aujourd\u2019hui. La question n\u2019est pas de savoir comment marche ce micro mais pourquoi il y a ce micro ici\u2026\u00a0Pourquoi, alors que nous sommes amis, il y a un micro \u00e0 nos c\u00f4t\u00e9s\u00a0? Et cette question du pourquoi, on ne l\u2019entend jamais. Est-ce qu\u2019il n\u2019y a pas un pourquoi inepte \u00e0 cette crise\u00a0? Sinon on fait de la gestion de crise mais on ne cr\u00e9e pas l\u2019\u00e9nergie de la crise.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>En effet, on ne fait que g\u00e9rer les effets d\u2019une crise dont rien ne certifie l\u2019existence.<\/i><\/span><span class=\"s2\"><i><br \/>\n<\/i>Parce qu\u2019arrive ce ph\u00e9nom\u00e8ne de vouloir en finir. Je crois qu\u2019il y a une \u00e9nergie sexuelle qui est aujourd\u2019hui mise \u00e0 l\u2019index. Il y a le d\u00e9sir latent narcissique d\u2019en finir, de ne plus produire d\u2019images. D\u2019\u00eatre l\u00e0 le dernier jour comme une r\u00e9ponse\u00a0: puisque je n\u2019\u00e9tais pas l\u00e0 le premier jour, je veux \u00eatre l\u00e0 au dernier. Alors que la r\u00e9ponse de Nietzsche est bien plus int\u00e9ressante\u00a0: Dieu n\u2019est plus l\u00e0, alors je fais quoi pour esp\u00e9rer\u00a0? Je crois qu\u2019un artiste se pose cette question-l\u00e0. Il n\u2019est ni un contempteur du monde dans lequel on vit ni dans le finissons-en. C\u2019est ce qui me passionne dans la peinture <i>faire surgir<\/i>\u2026 M\u00eame si l\u2019exposition de Richter \u00e9tait tr\u00e8s tautologique, tout de m\u00eame, il dit\u00a0<i>Si je ne pensais pas changer le monde quand je peins, j\u2019arr\u00eaterais de peindre<\/i>. Dans cette chose idiote, ridicule, absurde qu\u2019est la peinture il y a quelque chose de fort. Le grand rire bergsonien serait une belle r\u00e9ponse\u00a0; la capacit\u00e9 d\u2019en rire. J\u2019aimerais bien que de ma peinture les gens puissent en rire\u2026 Le rire c\u2019est une ouverture vers l\u2019esp\u00e9rance aussi. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">D\u2019autres h\u00e9ros, il y aurait Jank\u00e9l\u00e9vitch. Un <i>je ne sais quoi<\/i>, ces petites choses qui font que \u00e7a continue. <i>Il faut aimer pour \u00eatre<\/i>. La peinture fait partie de ces <i>presque rien<\/i>, ce que vous faites ici aussi pour demain.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>Disons que \u00e7a permet de donner une ambiance\u2026<br \/>\n<\/i><\/span><span class=\"s2\">Qui laisse la place \u00e0 une \u00e9nergie remuante. Cette version cynique iconoclaste de r\u00e9cup\u00e9ration de la pauvret\u00e9. Nous continuons \u00e0 inventer des mythes m\u00eame si nous n\u2019arrivons pas \u00e0 les nommer. L\u2019art travaille l\u00e0-dedans, mais ne s\u2019y m\u00eale ni raison ni sacr\u00e9. <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>Le sacr\u00e9 c\u2019est aussi l\u2019inf\u00e2me\u2026<br \/>\n<\/i><\/span><span class=\"s2\">Le diable vient d\u2019un ange. La science, par exemple, qui est dans un \u00e9ternel progr\u00e8s, qui veut produire le bonheur, elle produit aussi le Zyklon. Alors que la philosophie et l\u2019art ne pensent pas le progr\u00e8s. Y a-t-il un progr\u00e8s en psychanalyse\u00a0? \u00c0 la diff\u00e9rence de la science\u2026 <\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s1\"><i>On voit les effets du discours scientifique dominant. Sans doute l\u2019art est dans une autre temporalit\u00e9\u00a0: non pas un temps lin\u00e9aire\u2026<br \/>\n<\/i><\/span><span class=\"s2\">La destruction de la peinture dans les ann\u00e9es 80 s\u2019est op\u00e9r\u00e9e de la volont\u00e9 de progr\u00e8s, le progr\u00e8s comme ma\u00eetrise. L\u2019image r\u00e9siste.<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\"><span class=\"s2\">Peut-\u00eatre je voudrais dire\u2026\u00a0La peinture est la rencontre et l\u2019attente d\u2019un langage. La prise du pouvoir du langage contre l\u2019image, c\u2019est le symbolisme de l\u2019art contemporain, h\u00e9ritier de la peinture d\u2019histoire. Le r\u00e9alisme de Courbet, <i>l\u2019art et la vie<\/i>, c\u2019est une lutte contre la peinture d\u2019histoire. Soit je supprime l\u2019\u0153uvre et il n\u2019y a plus que du discours, soit il n\u2019y a qu\u2019un discours qui r\u00e9pond \u00e0 un autre discours. Mais il n\u2019y a pas ce frottement du discours et de l\u2019image qui cr\u00e9e une crise.<br \/>\n<\/span><span class=\"s1\"><i>Ce que tu d\u00e9cris c\u2019est l\u2019inverse<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>d\u2019une image qui serait dans l\u2019attente d\u2019un dire\u00a0: d\u2019un regard et d\u2019une forme d\u2019interpr\u00e9tation, d\u2019un sujet qui vient s\u2019y frotter. Et souvent on nous donne la question et la r\u00e9ponse d\u2019un seul tenant.<\/i><\/span><\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2012\/09\/libre-association.pdf\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Lire en entier &gt;&gt;&gt;<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Ces paysages boulevers\u00e9s par l\u2019implosion des couleurs, ces indices tapis dans l\u2019ombre et ces symboles diss\u00e9min\u00e9s dans l\u2019air \u2013 tel l\u2019oiseau sur la branche -, ces maisons \u00e0 l\u2019architecture souvent fragile sur un sol qui lui-m\u00eame semble vouloir se d\u00e9rober, ce que je vois lorsque je suis devant<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":2179,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[7],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2140"}],"collection":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=2140"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2140\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":2211,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/2140\/revisions\/2211"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/2179"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=2140"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=2140"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=2140"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}