{"id":117732,"date":"2025-06-18T16:08:16","date_gmt":"2025-06-18T14:08:16","guid":{"rendered":"https:\/\/urdla.com\/blog\/?p=117732"},"modified":"2025-07-08T16:05:27","modified_gmt":"2025-07-08T14:05:27","slug":"jacqueline-salmon-remise-de-legion-dhonneur","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/urdla.com\/blog\/jacqueline-salmon-remise-de-legion-dhonneur\/","title":{"rendered":"Jacqueline Salmon : remise de L\u00e9gion d&rsquo;honneur"},"content":{"rendered":"<h2>Le mercredi 11 juin 2025, la photographe et plasticienne Jacqueline Salmon a re\u00e7u les insignes de Chevalier de l\u2019Ordre de la L\u00e9gion d\u2019honneur, en reconnaissance de l\u2019ensemble de son parcours, des mains de Fabienne Buccio, Pr\u00e9f\u00e8te de la r\u00e9gion Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes \u00e0 URDLA<\/h2>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-118649 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874.jpg\" alt=\"\" width=\"726\" height=\"968\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874.jpg 1732w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874-225x300.jpg 225w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874-768x1024.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874-1500x2000.jpg 1500w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5874-1568x2090.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 726px) 100vw, 726px\" \/><\/p>\n<p><strong>\u00c9loge de Jacqueline Salmon par Fabienne Buccio, Pr\u00e9f\u00e8te de la r\u00e9gion Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes, prononc\u00e9 lors de la c\u00e9r\u00e9monie de remise le mercredi 11 juin 2025 :\u00a0<\/strong><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 1\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Monsieur le Directeur re\u0301gional aux affaires culturelles,<br \/>\nMadame la Pre\u0301sidente de la section de\u0301partementale de la Socie\u0301te\u0301 des membres de la Le\u0301gion d\u2019honneur,<br \/>\nMadame la Pre\u0301sidente de l\u2019URDLA,<br \/>\nMesdames et Messieurs les repre\u0301sentants du secteur culturel,<br \/>\nJe salue les membres de la famille de Jacqueline Salmon ainsi que tous ses amis,<br \/>\nMesdames et Messieurs,<\/p>\n<p>Che\u0300re Jacqueline [Salmon],<\/p>\n<p>La Re\u0301publique vous distingue aujourd\u2019hui en vous remettant les insignes de Chevalier dans l\u2019ordre de la Le\u0301gion d\u2019honneur. Elle reconnai\u0302t, a\u0300 travers ce geste, bien plus qu\u2019un parcours artistique exceptionnel. Elle honore une \u0153uvre, mais aussi une manie\u0300re d\u2019e\u0302tre au monde. Elle distingue un regard, une rigueur, une exigence \u2014 et une fide\u0301lite\u0301 a\u0300 des lieux, a\u0300 une re\u0301gion, a\u0300 un engagement since\u0300re et discret.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 2\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Vous avez choisi que cette ce\u0301re\u0301monie se tienne ici, a\u0300 Villeurbanne, dans cet endroit hybride que vous connaissez si bien, l\u2019URDLA. Une \u00ab Utopie Raisonne\u0301e pour les Droits de la Liberte\u0301 en Art \u00bb, devenue centre international estampe et livre ! Ce lieu, vous ne l\u2019avez pas seulement traverse\u0301, vous l\u2019avez habite\u0301. Il a compte\u0301 dans votre parcours, dans votre formation, dans vos amitie\u0301s. Il a e\u0301te\u0301 pour vous un atelier, un chantier, un miroir. Il fallait que cette ce\u0301re\u0301monie se tienne ici \u2014 pour honorer un lien, pour donner sens a\u0300 un moment. Ce choix dit tout. Il parle d\u2019ancrage, de me\u0301moire, de relations. Il rend ce moment d\u2019autant plus pre\u0301cieux. Il dit aussi que cette distinction a pour vous une porte\u0301e singulie\u0300re. Alors ce soir, c\u2019est avec une e\u0301motion particulie\u0300re que je prends la parole, devant vos proches, vos amis, devant des artistes, des personnalite\u0301s du monde culturel, ceux qui ont marche\u0301 a\u0300 vos co\u0302te\u0301s, et qui connaissent la porte\u0301e de ce que vous avez accompli.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 3\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Avant de revenir sur votre \u0153uvre, permettez-moi d\u2019e\u0301voquer le sens de la distinction que vous recevez.La Le\u0301gion d\u2019honneur est la plus haute distinction franc\u0327aise. Elle a e\u0301te\u0301 cre\u0301e\u0301e en 1802 par Napole\u0301on Bonaparte, pour re\u0301compenser les me\u0301rites e\u0301minents rendus a\u0300 la Nation. Elle distingue les civils comme les militaires, les anonymes comme les plus illustres, les grandes figures publiques comme les ba\u0302tisseurs discrets. E\u0302tre fait Chevalier de la Le\u0301gion d\u2019honneur, c\u2019est entrer dans une histoire. C\u2019est porter en soi une forme d\u2019exemplarite\u0301 \u2014 non pas une perfection, mais une constance. Une manie\u0300re d\u2019agir, de cre\u0301er, de transmettre, qui e\u0301le\u0300ve les autres, qui e\u0301claire un peu le monde. C\u2019est ce que la Re\u0301publique reconnai\u0302t aujourd\u2019hui dans votre parcours.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 4\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Jacqueline Salmon,<\/p>\n<p>Vous e\u0302tes ne\u0301e a\u0300 Lyon, a\u0300 l\u2019Ho\u0302tel-Dieu, et vous avez souvent dit que tout s\u2019est forge\u0301 la\u0300: dans ce lieu d\u2019architecture et de soin, entre la beaute\u0301 et la fragilite\u0301, entre la rigueur de Soufflot et la compassion d\u2019un ho\u0302pital. Ce croisement initial vous a fac\u0327onne\u0301e. Avant la photographie, il y eut la danse, l\u2019architecture inte\u0301rieure, les arts de\u0301coratifs, l\u2019histoire contemporaine, le the\u0301a\u0302tre, la botanique. Et la vie, tout simplement. Une vie attentive, sensible, porte\u0301e par la curiosite\u0301. Un accident grave d\u2019e\u0301quitation, en 1973, vous oblige a\u0300 tout re\u0301inventer. Survivante, mais incapable de reprendre votre vie d\u2019avant, il vous faut tout recommencer. C\u2019est dans cette fragilite\u0301, qui sera aussi votre renaissance, que la photographie entre dans votre vie. Par une invitation, presque par de\u0301fi : vos amis danseurs vous demandent d\u2019essayer. Puis un stage avec Robert Luc, figure de la Croix-Rousse. Puis un projet, un autre. Et biento\u0302t, une vocation.<\/p>\n<p>En 1981, vous de\u0301cidez de vous y consacrer entie\u0300rement. Non comme technicienne de l\u2019image, me\u0302me si vous apportez une grande attention a\u0300 la technique, mais comme exploratrice du re\u0301el. Vous ne capturez pas : vous dialoguez. Vous ne saisissez pas : vous exposez. D\u2019apre\u0300s vous, photographier, ce n\u2019est pas repre\u0301senter, c\u2019est penser. C\u2019est construire. Et aussi, pour vous, vous reconstruire. Depuis plus de quarante ans, votre \u0153uvre n\u2019a cesse\u0301 d\u2019explorer les marges du visible.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 5\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Elle commence ve\u0301ritablement en 1983, avec un travail de fond : la photographie du chantier de restauration de la Cathe\u0301drale Saint-Jean a\u0300 Lyon. Vous documentez les e\u0301tapes de ce chantier comme on observe une convalescence : lentement, patiemment, en vous laissant instruire par ce qui change. Vous montrez l\u2019architecture dans son intimite\u0301, ses entrailles, ses e\u0301chafaudages, comme autant de me\u0301taphores d\u2019un e\u0302tre en devenir. Ce rapport entre l\u2019image et la transformation du lieu sera un fil rouge dans toute votre \u0153uvre.<\/p>\n<p>Quelques anne\u0301es plus tard, en 1989, vous re\u0301alisez \u00ab Traboule Blues \u00bb, a\u0300 l\u2019occasion du 8 de\u0301cembre. Vous inaugurez ainsi, par ce travail, ce qui deviendra la Fe\u0302te des Lumie\u0300res que nous connaissons aujourd\u2019hui. C\u2019est une autre e\u0301tape de\u0301cisive : vous commencez a\u0300 explorer la relation entre les corps et les architectures, entre les visages et les murs, entre les hommes et l\u2019a\u0302me d\u2019une ville. Vous entrelacez le portrait et le ba\u0302ti, dans une composition poe\u0301tique et politique. Ces images racontent Lyon, bien su\u0302r, mais elles racontent aussi la manie\u0300re dont les vies s\u2019inscrivent dans la pierre.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 6\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Raconter l\u2019histoire d\u2019une ville a\u0300 travers celles et ceux qui la vivent, la font vivre, la fac\u0327onnent au quotidien : vous avez sans doute paracheve\u0301 ce projet, il y a dix ans, a\u0300 Toulon, en pre\u0301sentant \u00ab 42,84 km2 sous le ciel \u00bb, exposition de portraits intimes d\u2019habitantes et habitants ordinaires de ce port varois. Vous vous passionnez aussi pour des sujets plus impalpables : le vent, ses formes invisibles, ses effets sur les paysages. Vous photographiez l\u2019invisible, le fugitif, le souffle. Vous devenez te\u0301moin de ce qui passe, de ce qui travaille le monde sans se montrer.<\/p>\n<p>A\u0300 travers ces projets et bien d\u2019autres \u2014 dans les prisons de la Sante\u0301 et de Clairvaux, dans le camp de Sangatte, dans des ho\u0302pitaux, des couvents et des friches industrielles \u2014 vous de\u0301ployez une me\u0302me obsession : comprendre comment les lieux vivent, comment ils e\u0301voluent, comment ils gardent trace. Vous observez les ba\u0302timents comme on observe des corps : leurs failles, leurs strates, leur respiration propre. Votre travail documente, mais ne se limite jamais a\u0300 l\u2019archive. Il regarde autrement. Il interroge. Il cherche le silence, le retrait, le de\u0301tail oublie\u0301. Et il rend cela visible, non pour faire spectacle, mais pour transmettre une me\u0301moire sensible. Cet ancrage dans les lieux, dans leur e\u0301volution, vous a aussi conduite a\u0300 accompagner des mutations emble\u0301matiques. Je pense notamment a\u0300 votre travail lors de l\u2019emme\u0301nagement de la Direction re\u0301gionale des affaires culturelles dans les murs du Grenier d\u2019Abondance, a\u0300 Lyon.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 7\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Vous avez suivi, photographie\u0301, interpre\u0301te\u0301 ce passage d\u2019un lieu patrimonial vers une nouvelle fonction. Ce geste photographique e\u0301tait aussi un geste de me\u0301moire et de mise en perspective, fide\u0300le a\u0300 votre manie\u0300re d\u2019accompagner les lieux dans leurs transformations, en re\u0301ve\u0301lant leur histoire profonde. Parmi vos \u0153uvres majeures, il faut e\u0301galement e\u0301voquer votre travail sur les pe\u0301rizoniums \u2013 ces voiles que le Christ porte autour des reins, dans les repre\u0301sentations de la crucifixion. Ce travail, profonde\u0301ment spirituel et intellectuel, interroge ce que vous appelez le \u00ab point aveugle \u00bb de l\u2019image: ce qui est voile\u0301, ce qui prote\u0300ge, ce qui e\u0301chappe au regard. Il est aussi une me\u0301ditation sur la pudeur, la douleur, la repre\u0301sentation du corps. Ce cycle est l\u2019un des plus denses de votre \u0153uvre, a\u0300 la croise\u0301e de l\u2019histoire de l\u2019art, de la religion, et de la photographie contemporaine.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 8\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Ce rapport entre photographie et pense\u0301e traverse toute votre \u0153uvre. Vous ne concevez pas l\u2019image sans le mot, ni la forme sans le sens. Vous construisez des dispositifs ou\u0300 la photographie dialogue avec l\u2019e\u0301criture, ou\u0300 le visible et le lisible s\u2019e\u0301paulent et se prolongent. Vos livres en te\u0301moignent : objets exigeants, minutieusement compose\u0301s, ou\u0300 chaque image s\u2019adosse a\u0300 un texte, une citation, une re\u0301flexion. Le livre, chez vous, est plus qu\u2019un support : c\u2019est un espace, une architecture pense\u0301e, ou\u0300 la photographie se donne a\u0300 lire autant qu\u2019a\u0300 voir. C\u2019est dans ce cadre que se sont noue\u0301es des collaborations marquantes avec des penseurs et e\u0301crivains. Jean-Christophe Bailly, Paul Virilio, Georges Didi-Huberman, Jean-Luc Nancy, Hubert Damisch, entre autres, ont croise\u0301 votre route.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 9\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Avec eux, vous avez ouvert des dialogues entre regard et pense\u0301e, entre image et philosophie. Vous ne vous e\u0302tes pas contente\u0301e d\u2019illustrer une pense\u0301e : vous l\u2019avez nourrie, provoque\u0301e, parfois de\u0301place\u0301e. Vos images sont entre\u0301es en conversation avec leurs concepts, leurs intuitions, leurs silences. Ces collaborations, loin d\u2019e\u0302tre pe\u0301riphe\u0301riques, sont au c\u0153ur de votre de\u0301marche. Elles disent combien vous conside\u0301rez la photographie comme une pense\u0301e en acte. Et combien votre regard, a\u0300 travers chaque projet, cherche moins a\u0300 affirmer qu\u2019a\u0300 interroger, a\u0300 ouvrir des espaces de me\u0301ditation, de lecture, de transmission. Derrie\u0300re cette \u0153uvre, il y a une vie, une pre\u0301sence, une constance humaine. Il y a l\u2019attention que vous portez aux autres, a\u0300 vos proches, a\u0300 ceux qui vous entourent.<\/p>\n<p>Ce soir, ils sont la\u0300, et leur pre\u0301sence donne a\u0300 ce moment une couleur particulie\u0300re. Il y a votre mari, Jean-Christian Fleury, lui-me\u0302me journaliste et auteur, avec qui vous partagez, depuis tant d\u2019anne\u0301es, un dialogue intellectuel et affectif riche, fait d\u2019e\u0301coute, de complicite\u0301, de projets partage\u0301s. Il y a vos deux fils, Jean-Franc\u0327ois et Ste\u0301phane, te\u0301moins discrets mais attentifs de votre parcours, et pre\u0301sents a\u0300 chaque e\u0301tape importante. Et puis il y a vos quatre petits-enfants, dans les yeux desquels vous avez sans doute trouve\u0301, aussi, un nouveau regard sur le monde.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 10\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>Votre vie personnelle n\u2019a jamais e\u0301te\u0301 se\u0301pare\u0301e de votre de\u0301marche artistique. Elle l\u2019irrigue. Elle l\u2019enracine. Elle en est peut-e\u0302tre la source la plus intime. Vous avez su mener de front une vie de cre\u0301ation et une vie de famille, sans jamais trahir ni l\u2019une ni l\u2019autre.<\/p>\n<p>Jacqueline Salmon, je suis particulie\u0300rement honore\u0301e de pouvoir vous remettre, dans quelques instants, les insignes de Chevalier de l\u2019Ordre de la Le\u0301gion d\u2019honneur. A\u0300 travers vous, cette distinction ce\u0301le\u0300bre bien plus qu\u2019un parcours d\u2019artiste. Elle ce\u0301le\u0300bre une exigence, une attention, une fide\u0301lite\u0301 aux lieux, aux liens, a\u0300 l\u2019histoire. Elle rappelle que l\u2019art, lorsqu\u2019il se tient au plus pre\u0300s du monde, peut devenir un outil de compre\u0301hension, un espace de re\u0301paration, une forme de re\u0301sistance efficace. Merci a\u0300 vous pour ce que vous portez. Merci pour ce que vous inspirez.<\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<\/div>\n<div class=\"page\" title=\"Page 11\">\n<div class=\"layoutArea\">\n<div class=\"column\">\n<p>En vous honorant aujourd\u2019hui, la Re\u0301publique tend un miroir a\u0300 chacun d\u2019entre nous. Elle nous rappelle que l\u2019engagement patient, l\u2019intelligence du regard, la rigueur d\u2019un chemin assume\u0301 sont aussi les piliers d\u2019une socie\u0301te\u0301 vivante. Vous n\u2019avez pas seulement photographie\u0301 des lieux : vous avez e\u0301claire\u0301 ce qu\u2019ils contiennent de me\u0301moire et de promesse. Vous avez e\u0301largi notre perception du re\u0301el. Vous avez donne\u0301 a\u0300 voir ce que beaucoup ne savaient plus regarder. A\u0300 celles et ceux qui vous suivent, a\u0300 celles et ceux qui vous de\u0301couvriront demain, vous offrez cette certitude pre\u0301cieuse : que la beaute\u0301 peut e\u0302tre une e\u0301thique, et que l\u2019art peut e\u0302tre une manie\u0300re de vivre pleinement, humblement, intense\u0301ment.<\/p>\n<p>Vive la photographie qui e\u0301claire ! Vive la culture qui relie !<br \/>\nVive la Re\u0301publique !<br \/>\nVive la France !<\/p>\n<\/div>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-118651 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"727\" height=\"964\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-scaled.jpg 1931w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-226x300.jpg 226w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-773x1024.jpg 773w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-768x1018.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-1159x1536.jpg 1159w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-1545x2048.jpg 1545w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-1509x2000.jpg 1509w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5876-1568x2078.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 727px) 100vw, 727px\" \/><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\"wp-image-118650 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"725\" height=\"967\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-scaled.jpg 1920w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-225x300.jpg 225w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-768x1024.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-1500x2000.jpg 1500w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5875-1568x2091.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 725px) 100vw, 725px\" \/><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><strong>R\u00e9ponse de Jacqueline Salmon, prononc\u00e9 lors de la c\u00e9r\u00e9monie de remise le mercredi 11 juin 2025 :\u00a0<\/strong><\/p>\n<div class=\"page\" title=\"Page 11\">\n<p class=\"p1\">J\u2019ai re\u00e7u une lettre dat\u00e9e du 31 janvier 2025 et sign\u00e9e Rachida Daty.<\/p>\n<p class=\"p1\">Je l\u2019ai d\u2019abord mal lue, j\u2019ai cru que j\u2019\u00e9tais une deuxi\u00e8me fois nomm\u00e9e chevali\u00e8re des arts et des lettres, et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>j\u2019ai \u00e9t\u00e9 saisie d\u2019angoisse, en pensant au ridicule ou \u00e0 la pr\u00e9tention d\u2019avoir \u00e0 le dire.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Si je m\u2019\u00e9tais \u00e0 ce point tromp\u00e9e dans ma lecture, je pense que c\u2019est parce qu\u2019il \u00e9tait pour moi inimaginable d\u2019\u00eatre nomm\u00e9e Chevali\u00e8re de la L\u00e9gion d\u2019Honneur.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 \u00a0 <\/span>Inimaginable que je puisse organiser une c\u00e9r\u00e9monie pour la remise de cette m\u00e9daille. Inimaginable de choisir une personne pour me la remettre, de choisir un lieu, des invit\u00e9s\u2026<br \/>\nIl fallait d\u2019abord que je me reconnaisse dans cette distinction.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">J\u2019ai alors commenc\u00e9 \u00e0 regarder mon histoire depuis ce moment-l\u00e0 : celui de ma nomination. Une s\u00e9rie d\u2019\u00e9v\u00e9nements qui conjugu\u00e9s les uns avec les autres durant plus de 40 ans, avait fait penser \u00e0 quelqu\u2019un de certainement tr\u00e8s attentif, que Oui, il fallait proposer au Pr\u00e9sident de la R\u00e9publique de me nommer au grade de chevali\u00e8re de l\u2019ordre national de la l\u00e9gion d\u2019honneur. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span>Puis j\u2019ai imagin\u00e9 une c\u00e9r\u00e9monie que je puisse vivre en restant moi-m\u00eame \u2026<\/p>\n<p class=\"p1\">Il fallait que ce soit \u00e0 Lyon pour mes amis, ma famille, que je re\u00e7oive cette m\u00e9daille des mains d\u2019une femme, il fallait aussi que ce soit dans un atelier, et j\u2019ai tout de suite pens\u00e9 \u00e0 URDLA, acronyme merveilleux invent\u00e9 par Max Schoendorff, alors qu\u2019avec un groupe d\u2019amis ils avaient sauv\u00e9 le mat\u00e9riel lithographique de l\u2019imprimerie Badier qui \u00e9tait en faillite : Utopie Raisonn\u00e9e pour les Droits de la Libert\u00e9 en Art. Puis il a fallu que j\u2019ose solliciter notre Pr\u00e9f\u00e8te Madame Fabienne Buccio. Je l\u2019avais rencontr\u00e9e \u00e0 la DRAC d\u00e8s son arriv\u00e9e \u00e0 Lyon. J\u2019avais<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e9cout\u00e9 son discours, je l\u2019avais aim\u00e9, nous avions \u00e9chang\u00e9 \u00e0 propos de mon livre <i>Le point aveugle.<\/i><\/p>\n<p class=\"p1\">Je vous remercie Madame de m\u2019avoir r\u00e9pondu<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>sur le champ, me rassurant aussit\u00f4t, puis d\u2019avoir accept\u00e9 de me remettre les insignes de Chevali\u00e8re dans cet atelier. Dans cette ancienne usine que la ville de Villeurbanne avait propos\u00e9e pour que le Centre National des Arts Plastique puisse y d\u00e9poser en 1983 un cadeau de 15<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>tonnes et de 7 m\u00e8tres de long\u00a0: cette presse Voirin que j\u2019ai photographi\u00e9e d\u00e8s son arriv\u00e9e, avec toutes les autres machines \u00e0 peine install\u00e9es. 1983, c\u2019est aussi la date du centenaire de la loi de Prosper M\u00e9rim\u00e9e pour la conservation des monuments historiques, et de ma premi\u00e8re commande\u00a0:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>celle de la Mission du Patrimoine Photographique. C\u2019est \u00e0 ce moment-l\u00e0<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>que j\u2019ai compris<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>que j\u2019\u00e9tais devenue photographe.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Alors, je peux dire que cet atelier et moi nous avons grandi en m\u00eame temps et en restant toujours li\u00e9s par l\u2019amiti\u00e9 et par les projets. J\u2019y travaillais cette ann\u00e9e en f\u00e9vrier avec Jacob, le lithographe. <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span><br \/>\nJe te remercie Cyrille d\u2019avoir imm\u00e9diatement accept\u00e9 mon id\u00e9e et m\u00eame avec enthousiasme. Lorsque Max Schoendorff est mort brutalement le 20 octobre 2012, je vous ai donn\u00e9 ce portrait\u00a0de Max vu de dos qui est l\u00e0 sur le chevalet. Le 23 octobre<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Francis Marmande \u00e9crivait un tr\u00e8s bel article dans Le monde\u00a0: \u00ab\u00a0Schoendorff, c&rsquo;\u00e9tait une bande. Cin\u00e9ma, litt\u00e9rature, th\u00e9\u00e2tre, op\u00e9ra, restaurants, amours, curiosit\u00e9s, free jazz, c&rsquo;\u00e9tait une bande de d\u00e9fricheurs. Tr\u00e8s libres. Une bande d&rsquo;artistes et d&rsquo;intellectuels autour de la librairie P\u00e9ju\u00a0\u00bb. Je me suis souvenue de cette \u00e9poque o\u00f9 dans l\u2019urgence de gagner ma vie, je travaillais \u00e0 la librairie de Georges P\u00e9ju. La Proue. J\u2019y \u00e9tais frott\u00e9e au milieu intellectuel lyonnais dont Max \u00e9tait La figure centrale et magistrale. C\u2019est probablement l\u00e0 que j\u2019ai commenc\u00e9 \u00e0 le conna\u00eetre.<\/p>\n<p class=\"p1\">Lorsque je quittais la librairie, je retrouvais mon amoureux, Jean Jacques Romagnoli<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>passionn\u00e9 de photographie. Son meilleur ami \u00e9tait Robert Luc qui tenait \u00e0 la Croix Rousse une petite<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>boutique \u00ab Vrais R\u00eaves \u00bb o\u00f9 une bande de jeunes photographes parlaient de la photographie autrement. Il y avait l\u00e0 Raymond Viallon, Jacques Damez, Catherine D\u00e9rioz qui allaient, plus tard, cr\u00e9er les deux galeries de photographie \u00e0 Lyon. C\u2019est l\u00e0 que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 initi\u00e9e. Robert Luc avait avec des amis cr\u00e9\u00e9 le CLAP\u00a0: Collectif Lyonnais d\u2019Action Photographique, et programm\u00e9 ma premi\u00e8re exposition en 1979. Des photographies de mes amies danseuses et chor\u00e9graphes. C\u2019\u00e9tait \u00e0 Villeurbanne, \u00e0 la librairie des Malapprises.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Puis avec Jean Jacques Romagnoli qui lui, \u00e9crivait, nous avons en 1981 compos\u00e9 un livre\u00a0sur le chantier de la primatiale Saint Jean. Gabriel Mortamet, l\u2019architecte en chef de ce chantier qui m\u2019avait donn\u00e9 l\u2019autorisation de circuler sur les \u00e9chafaudages, a voulu montrer ces photographies \u00e0 Fran\u00e7oise Berc\u00e9 qui dirigeait \u00e0 Paris la Biblioth\u00e8que du Patrimoine. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 lui que j\u2019ai eu ensuite cette importante commande sur les Monuments Historiques du Sud-Est de la France.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Le couvent de le Corbusier, \u00e9tait dans la liste. Je me suis li\u00e9e d\u2019amiti\u00e9 avec le sup\u00e9rieur Fran\u00e7ois Biot, et j\u2019ai continu\u00e9 \u00e0 y travailler pour moi. Ce sont ces photographies r\u00e9alis\u00e9es en dehors de toute contrainte, qui ont<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e9t\u00e9 choisies pour la grande exposition du centenaire de le Corbusier au Centre National de la Photographie qui \u00e9tait alors au Palais de Tokyo. Puis l\u2019exposition est venue \u00e0 Lyon \u00e0 la Fondation Nationale de la Photographie et \u00e0 la Saline d\u2019Arc et Senans.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Deux jeunes architectes Chapuis et Royer m\u2019ont alors sollicit\u00e9e pour le 1% \u00e0 l\u2019architecture d\u2019une Biblioth\u00e8que qui allait se construire \u00e0 Die sur l\u2019emplacement d\u2019un ancien garage Peugeot. Il y avait tr\u00e8s peu d\u2019argent, mais apprenant la mort de Tarkovski sur la radio d\u2019un ouvrier du chantier, j\u2019ai d\u00e9cid\u00e9 de faire une s\u00e9rie inspir\u00e9e de Stalker, qui se con\u00e7oive comme un film, et j\u2019ai rendu \u00e0 la DRAC trois ans apr\u00e8s une s\u00e9rie de 100 photographies <i>Notes de chantier en hommage \u00e0 Tarkovski<\/i>.<\/p>\n<p class=\"p1\">C\u2019est une belle histoire, car lorsque je l\u2019ai pr\u00e9sent\u00e9e aux services concern\u00e9s de la DRAC, ils ont aussit\u00f4t appel\u00e9 le directeur Ren\u00e9 Gachet. Ils \u00e9taient enthousiasm\u00e9s\u2026 jaloux en fait\u00a0!<br \/>\nIls m\u2019ont demand\u00e9 d\u2019imaginer pour leurs locaux \u00e0 venir une \u0153uvre comparable. Les services \u00e9taient alors mal log\u00e9s dans des alg\u00e9cos.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>La ville de Lyon venait de mettre \u00e0 disposition de l\u2019\u00c9tat, le Grenier d\u2019abondance. Construit par De Cotte au XVIII<span class=\"s1\"><sup>e<\/sup><\/span> pour conserver le bl\u00e9, et mettre la ville \u00e0 l\u2019abris de la famine, il avait perdu son usage \u00e0 la R\u00e9volution, et avait \u00e9t\u00e9 transform\u00e9 en gendarmerie. Le nom du b\u00e2timent tout comme son destin me faisaient r\u00eaver. On m\u2019a donn\u00e9 les cl\u00e9s. Le chantier a \u00e9t\u00e9 dantesque. Il a dur\u00e9 trois ans. On n\u2019a jamais parl\u00e9 d\u2019argent. J\u2019y ai eu souvent tr\u00e8s peur. Patrice Beghain succ\u00e9dant \u00e0 Ren\u00e9 Gachet et tout aussi enthousiaste y a ajout\u00e9 sa patte. Il a eu cette id\u00e9e superbe\u00a0:<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>ajouter aux fonctions des divers bureaux auxquels je d\u00e9diais une image, les qualit\u00e9s que l\u2019on attend d\u2019un minist\u00e8re de la culture. La curiosit\u00e9 par exemple.<\/p>\n<p class=\"p1\">J\u2019ai eu la chance qu\u2019il n\u2019y ait pas suffisamment d\u2019argent pour qu\u2019une commande de 1% puisse \u00eatre propos\u00e9e \u00e0 une figure de l\u2019art contemporain. Nous avons fait un tr\u00e8s beau livre, pr\u00e9fac\u00e9 par Jacques Lang. Les metteurs en sc\u00e8ne, musiciens, peintres<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>\u00e9crivains soutenus par les services de la DRAC \u00e9taient invit\u00e9s \u00e0 choisir une photographie un beau tirage baryt\u00e9 comme support d\u2019un texte. Je trouvais l\u2019id\u00e9e tr\u00e8s risqu\u00e9e, mais en choisissant le graphiste Ruedi Bauer lui-m\u00eame invit\u00e9 \u00e0 \u00e9crire, j\u2019\u00e9tais sauv\u00e9e. Il a eu l\u2019id\u00e9e d\u2019ajuster en miroir aux photographies l\u2019emp\u00e2tement des textes gommant ainsi les diff\u00e9rences de longueur et d\u2019int\u00e9r\u00eat. Je vous remercie monsieur le directeur Marc Drouet d\u2019\u00eatre pr\u00e9sent aujourd\u2019hui, et d\u2019avoir donn\u00e9 une seconde vie \u00e0 cette s\u00e9rie qui date de 1993 en l\u2019exposant de mani\u00e8re p\u00e9renne au 2<span class=\"s1\"><sup>e<\/sup><\/span> \u00e9tage de la DRAC.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Contemporaine de URDLA, L\u2019Ollave, premi\u00e8re galerie d\u2019art contemporain \u00e0 Lyon \u00e9tait dirig\u00e9e par Jean de Breyne, j\u2019y \u00e9tais entr\u00e9e avec mon <i>Hommage \u00e0 Tarkovski<\/i>, mais aussi avec ma s\u00e9rie <i>8 rue Juiverie<\/i>\u00a0sur l\u2019H\u00f4tel Philibert de l\u2019Orme. Sorte de biographie d\u00e9guis\u00e9e en histoire de l\u2019architecture, sur laquelle Jean Louis Schefer avait \u00e9crit tout un livre. Dans la galerie se succ\u00e9daient des expositions atypiques. Val\u00e8re Novarina avait r\u00e9alis\u00e9 une performance de 24 heures d\u2019\u00e9criture, Jean-Claude Guillaumon exposait ses autoportraits photographiques en expliquant que c\u2019\u00e9tait de la peinture. Jan Berdyszak construisait des installations de poutres, de vitres, et de pain. Jan \u00e9tait un grand artiste pr\u00e9sent dans tous les mus\u00e9es polonais. L\u2019URDLA se mettait \u00e0 sa disposition afin qu\u2019il puisse r\u00e9aliser des estampes en France, et obtenir des devises lui permettant d\u2019acheter du papier, et de les rapporter \u00e0 l\u2019\u00e9cole des Beaux-Arts de Poznan, dont il \u00e9tait le directeur.<\/p>\n<p>Les \u00e9coles de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Varsovie de Cracovie et de Lodz avaient en synergie le projet d\u2019organiser des Rencontres Est-Ouest de la photographie. Beaucoup de conservateurs, de galeristes, \u00e9taient int\u00e9ress\u00e9s par les photographes de l\u2019Est, qui eux, \u00e9taient avides de savoir ce qui se passait \u00e0 l\u2019ouest.<\/p>\n<p class=\"p1\">Jan<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>voulait inviter des figures du milieu photographique fran\u00e7ais mais les polonais<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>sans devises \u00e9taient dans l\u2019incapacit\u00e9 de payer le voyage. Nous n\u2019avons trouv\u00e9 personne ayant la t\u00eate suffisamment tourn\u00e9 \u00e0 l\u2019Est. Jean de Breyne lui avait la t\u00eate et le c\u0153ur tourn\u00e9 vers l\u2019Est. Nous avions honte. Il<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>m\u2019a convaincue de partir. J\u2019ai eu peur d\u2019\u00eatre incapable, mais je me suis lanc\u00e9e, et cette d\u00e9cision a compl\u00e8tement chang\u00e9 ma vie. J\u2019ai r\u00e9solument oubli\u00e9 mon travail personnel pour participer \u00e0 ces Rencontres formidables. J\u2019ai d\u00e9couvert des photographes, \u00e9cout\u00e9 les conf\u00e9rences de conservateurs de Berlin, d\u2019Essen, de Graz, de Salzburg de Prague et aussi du merveilleux conservateur du Victoria and Albert Museum aux gestes \u00e9triqu\u00e9s et po\u00e9tiques. Je suis devenue la personne de r\u00e9f\u00e9rence pour la France, sollicit\u00e9e par le Minist\u00e8re la Culture \u00e0 Wien pour travailler \u00e0 concevoir une grande exposition de photographie autrichienne \u00e0 Paris. Quelques ann\u00e9es plus tard, avec un lourd dossier, j\u2019ai pu convaincre Robert Delpire au Centre National de la Photographie. D\u00e8s la chute du mur de Berlin, Brigitte H\u00e9del-Sanson qui \u00e9tait alors directrice du Fonds National d\u2019Art Contemporain m\u2019a demand\u00e9 d\u2019organiser une exposition d\u2019artistes fran\u00e7ais en Pologne. J\u2019ai pu montrer \u00e0 Wroclaw, Christian<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Boltanski, Annette Messager, Felice Varini, Georges Rousse, Alain Fleischer,\u00a0Pascal Kern et Patrick Tosani.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 \u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Jacques Fabry et Patrice Charavel connaissaient mes photographies. Je ne sais comment ils ont su que je pouvais aussi \u00eatre commissaire d\u2019exposition, mais<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>ils nous ont entrain\u00e9s Jean Christian Fleury et moi dans l\u2019aventure d\u2019un festival Carjat \u00e0 Fareins dont on pr\u00e9pare la prochaine \u00e9dition en mai prochain.<br \/>\nJe vous remercie d\u2019\u00eatre l\u00e0 Jacques et<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Patrice. Trois des meilleurs \u00e9l\u00e8ves de Christophe Henri \u00e0 l\u2019universit\u00e9 Lyon 2 sont devenus nos sympathiques m\u00e9diateurs. Je remercie Laurent Baridon Professeur d\u2019histoire de l\u2019art, Chercheur sp\u00e9cialiste et de la caricature et de la satire visuelle qui nous a offert un texte passionnant pour notre premier catalogue.<\/p>\n<p class=\"p1\">Merci Marie-Claude Schoendorff si pr\u00e9cieuse parmi mes amis, merci Odile petite s\u0153ur de Max et grande dame de l\u2019\u00e9dition d\u2019\u00eatre l\u00e0 avec l\u2019Ouroboros auquel vous m\u2019avez plusieurs fois propos\u00e9 de collaborer. Cette tr\u00e8s belle revue qui perp\u00e9tue la m\u00e9moire de Max Schoendorff et de son \u0153uvre.<\/p>\n<p class=\"p1\">Je vous remercie<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Madame la pr\u00e9sidente Christine Vaisse, et toute l\u2019\u00e9quipe de URDLA, Blandine, Anne, Emma, Marceau, Jacob, Romain d\u2019avoir eu l\u2019id\u00e9e de montrer les photographies des machines, et toutes les estampes que j\u2019ai r\u00e9alis\u00e9es dans ce lieu. Merci de nous avoir si bien accueillis. Depuis le premier jour et jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui, m\u00eame avec son nom actuel \u00ab Union R\u00e9gionale pour le D\u00e9veloppement de la Lithographie d&rsquo;Art \u00bb URDLA <span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>continue \u00e0 permettre de r\u00e9aliser des r\u00eaves.<\/p>\n<p class=\"p2\">J\u2019aurais voulu remercier d\u2019\u00eatre l\u00e0 Christine Berg\u00e9, ethnologue et philosophe que j\u2019ai connue en 1989 dans le s\u00e9minaire d\u2019anthropologie de Fran\u00e7ois Laplantine \u00e0 Lyon 2. Nous avions ensemble particip\u00e9 \u00e0 ses recherches sur le spiritisme, et \u00e9tudi\u00e9 ce sujet pour le CNRS. Puis j\u2019ai continu\u00e9 seule \u00e0 suivre le s\u00e9minaire de Fran\u00e7ois Laplantine sur le sacr\u00e9 ou j\u2019avais propos\u00e9 une conf\u00e9rence difficile \u00e0 \u00e9couter sur les artistes contemporains Herman Nitsch, Arnulf Rainer et Gina Pane. Seuls les ethnologues br\u00e9siliens avaient applaudi ! Avec Christine Berg\u00e9, nous avons depuis publi\u00e9 plusieurs livres tous s\u2019approchant plus ou moins pr\u00e8s de la mort qui est au centre de ses recherches ; l\u2019une de nous deux entra\u00eenant l\u2019autre dans son nouveau sujet.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>Elle m\u2019a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 ce matin, triste de<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>ne<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>pas pouvoir \u00eatre l\u00e0, interdite de ville de Lyon pour cause de voiture trop ancienne.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p2\">Merci Nathalie Perrin-Gilbert, vous avez soutenu mon travail avec une acquisition de la ville de Lyon au moment de mon exposition r\u00e9trospective \u00e0 la Biblioth\u00e8que de la Part-Dieu, dans cette \u00e9poque difficile o\u00f9 avec la crise du Covid, ma situation financi\u00e8re \u00e9tait difficile.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Cher Eric Dupont vous \u00eates mon directeur de Galerie, venu de Paris pour me soutenir, c\u2019est \u00e9norme, \u00e7a me touche et \u00e7a me donne de l\u2019\u00e9nergie. Je vous<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0 <\/span>remercie avec Alvie qui vous accompagne, et je vous remercie aussi Monsieur Jean-Michel Bossard qui allez m\u2019accueillir au printemps prochain pour une grande exposition \u00e0 la Fondation Renaud. Sur le conseil de St\u00e9phanie Rojas-Perrin, charg\u00e9e des collections, J\u00e9r\u00e9my Liron, dont j\u2019aimais beaucoup la peinture, mais dont je d\u00e9couvre l\u2019\u00e9criture qui m\u2019impressionne par son \u00e9rudition, \u00e9crira le texte du catalogue. Merci J\u00e9r\u00e9my d\u2019\u00eatre l\u00e0.<\/p>\n<p class=\"p1\">Je remercie mes amis, \u00e9mue de leur pr\u00e9sence, Denise et Michel Meynet, Ennemond Mazuyer, Pierre Chapeaux, Elisabeth et Yves Peyr\u00e9 avec qui je suis en train de faire un livre sur Venise. Tous de grands collectionneurs.<span class=\"Apple-converted-space\">\u00a0<\/span><\/p>\n<p class=\"p1\">Je remercie ma famille, r\u00e9unie \u00e9coutant sagement ce discours, mes enfants et mes petits enfants, dont la pr\u00e9sence me fait chaud au c\u0153ur. Merci \u00e0 Jean-Christian Fleury mon mari qui est toujours pr\u00e8s de moi et qui accepte la vie mouvement\u00e9e dans laquelle je l\u2019entra\u00eene.<\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" class=\" wp-image-118648 aligncenter\" src=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-scaled.jpg\" alt=\"\" width=\"729\" height=\"972\" srcset=\"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-scaled.jpg 1920w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-225x300.jpg 225w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-768x1024.jpg 768w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-1152x1536.jpg 1152w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-1536x2048.jpg 1536w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-1500x2000.jpg 1500w, https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-content\/uploads\/2025\/06\/IMG_5873-1568x2091.jpg 1568w\" sizes=\"(max-width: 729px) 100vw, 729px\" \/><\/p>\n<\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le mercredi 11 juin 2025, la photographe et plasticienne Jacqueline Salmon a re\u00e7u les insignes de Chevalier de l\u2019Ordre de la L\u00e9gion d\u2019honneur, en reconnaissance de l\u2019ensemble de son parcours, des mains de  Fabienne Buccio, Pr\u00e9f\u00e8te de la r\u00e9gion Auvergne-Rh\u00f4ne-Alpes \u00e0 URDLA<\/p>\n","protected":false},"author":4,"featured_media":117837,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[12,13],"tags":[],"acf":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117732"}],"collection":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/users\/4"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=117732"}],"version-history":[{"count":30,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117732\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":123091,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/117732\/revisions\/123091"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media\/117837"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=117732"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=117732"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/urdla.com\/blog\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=117732"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}